Le plan de financement
de l'exportation
Besoins de financement
| Capacité de financement
Un
programme d'internationalisation s'étale sur
une certaine période pouvant aller jusqu’à plusieurs
années et recense les divers éléments à financer.
Au départ de ce recensement, l'entreprise évaluera
l'influence des activités internationales sur sa structure bilantaire et pourra établir une prévision de ses besoins
en trésorerie. Pour mener
à bien cette évaluation, elle mettra en place dès le
début de ses activités internationales des outils de gestion de
la trésorerie (si ce n'est pas déjà fait pour le
marché national).
L'influence des activités
internationales sur la structure bilantaire 
L'activité internationale, par l'augmentation
du volume des ventes
et la complexité des opérations qu'elle génère, entraîne très souvent une augmentation des besoins de trésorerie et de financement, ainsi que la création ou l’augmentation des lignes d’engagement qui permettront au banquier d’émettre les garanties bancaires dont pourrait avoir besoin l’entreprise sur certains types de marchés.
1. Augmentation des besoins de trésorerie
- Un
allongement des délais de crédit
:
entre le moment où l'entreprise reçoit une commande ferme,
commande les produits intermédiaires, fabrique la commande,
dédouane la marchandise, l'expédie chez l'acheteur et
reçoit le paiement, un temps long peut s'écouler. Les
délais de paiement sont inévitablement allongés à
l'international (sauf si l'entreprise
arrive à négocier avec ses clients une technique
de paiement qui raccourcisse ce délai, telle que le paiement à la
commande). Il n'est pas
rare que les délais de paiement atteignent l'ordre de 90
jours fin de mois, voire plus, à l'international.
- Une
augmentation en volume des mouvements de trésorerie :
ceux-ci sont plus importants dans le domaine du commerce international que sur
les marchés nationaux. Les recettes et règlements sont
liés à des opérations qui se déroulent
habituellement plus lentement et recouvrent des volumes plus importants. De
plus, le portefeuille de clients augmente vu l'apparition de nouveaux
clients étrangers.
- Une
augmentation des coûts de gestion des stocks
:
la croissance de la production entraîne une augmentation des stocks de
matières premières et de produits intermédiaires. En
outre, pour faire face à la demande supplémentaire et à la
nécessité de livrer rapidement, un stock de produits finis plus
important est constitué. Par ailleurs, l'adaptation des produits
peut nécessiter des stocks spécifiques à certains
marchés d'exportation.
- Une
augmentation des coûts liés aux aspects commerciaux
:
l'entreprise doit prospecter de nouveaux marchés (frais
d'études de marché, voyages de prospection, salons,
invitations de prospects, ...), lancer une campagne promotionnelle, remplacer
ou mettre à jour ses catalogues et tarifs ou encore adapter le
produit au marché étranger.
- Une augmentation
des budgets consacrés aux assurances : l'entreprise ne peut aborder
les marchés étrangers sans se couvrir contre les risques auxquels
elle s'expose. Le paiement de primes d'assurances diverses s'impose (assurance
crédit, assurance
transport, assurance-change,
...).
- Une augmentation
des créances autres que celles des clients : ce type de créance
recouvre, entre autres, la TVA (les ventes à l'exportation se faisant
hors TVA, il faut financer la TVA payée sur les achats de matières
premières et les prestations de services
dans l’attente de la récupérer), les droits de douane déjà payés et en attente de remboursement
(cas, par exemple, du perfectionnement
actif-rembours), etc.
- Le versement
d'acomptes aux fournisseurs : ce sont les montants déboursés immédiatement pour commander des matières premières qui ne sont pas encore payées par les clients ou qui peuvent être retardés à la livraison si des cautions sont émises via une banque pour garantir les paiements du client.
2.
Augmentation des besoins de financement
Aux
besoins accrus de trésorerie d'exploitation peuvent
s'ajouter des besoins supplémentaires de financement
d'investissements plus importants générés par de
nouvelles exportations tels que, par exemple, une augmentation des
capacités de production, le recrutement de nouvelles compétences,
les frais de développement de nouveaux produits, ... .
3.
Augmentation du volume de trésorerie nécessaire recettes de trésorerie
Quant
aux recettes de trésorerie, l'entreprise pourra compter dans un
premier temps sur :
- les crédits
de paiement fournisseur : les fournisseurs de l'entreprise peuvent lui accorder des crédits de paiement s’ils bénéficient de certaines garanties via une compagne d’assurance-crédit ou une société d’affacturage. Les crédits accordés par les fournisseurs de l’entreprise coïncident cependant rarement avec ceux consentis aux clients.
- les acomptes
versés par les clients étrangers : certaines entreprises
demandent à leur client de fournir un acompte à la commande.
Celles-ci demeurent cependant très rares. Cette pratique est
très souvent rencontrée sur les commandes de biens d'équipement. Les acomptes sont souvent de 10 à maximum 30 % du montant du contrat. Le client demandera très souvent une garantie de restitution d’acompte pour le cas où le fournisseur ne serait pas en mesure d’exécuter le contrat.
Les
recettes liées à la vente des produits ou services
se réaliseront dans un second temps.
La gestion de la trésorerie

Les
risques attachés aux activités commerciales internationales
seront d'autant plus élevés que les rentrées seront
lointaines ou aléatoires. Il est donc important de les évaluer
avec précision pour mieux les gérer et les couvrir. Vous devrez
tenter de déterminer les soldes de la trésorerie de la
manière la plus exacte possible, à court et à moyen terme.
Pour cela, deux outils peuvent être utilisés, à savoir
l'échéancier et le budget de trésorerie.
- L'échéancier :
lorsqu'une entreprise effectue de nombreuses opérations courantes et, de surcroît à l'international, il convient de réaliser un échéancier global qui sera subdivisé par devise et par client. Il doit être contrôlé toutes les semaines afin de vérifier les encaissements des créances et le paiement des dettes fournisseurs.
- Le budget
de trésorerie : il permet de déterminer le montant du financement nécessaire à l'activité de l'entreprise. Il est révisé lors de chaque mouvement financier et périodiquement (idéalement chaque semaine) pour les prévisions de recettes et dépenses à plus d’un mois. Il regroupe l'ensemble des flux générés
par l'activité de l'entreprise, à savoir les entrées et les sorties relatives
au marché intérieur et à l'exportation. Il met en évidence,
mois par mois, le solde de la trésorerie de l'entreprise ainsi que
les excédents ou les déficits mensuels cumulés. L'entreprise
sera attentive au fait que la trésorerie en devises fait l'objet d'une
position de change. Le solde
de cette position de change viendra augmenter ou diminuer les montants globaux
de trésorerie.
L’entreprise
Galler a pris conscience de l’importance d’établir un plan financier à
l’exportation, notamment suite à la progression importante de son chiffre
d’affaires à l’exportation.
L'exportation,
d'une manière générale, accroît les besoins en fonds
de roulement. Dans la plupart des cas, les besoins de financement augmentent,
les ressources quant à elles n'augmentent pas proportionnellement dans le
même temps. L'internationalisation
nécessite donc de mobiliser des capitaux plus importants que sur le marché
national, et le recours au financement extérieur s'avère le plus
souvent nécessaire, l'excédent de trésorerie n'apparaissant
qu'à terme.
Dernière mise à jour: Sep-2007