Les
modes de financement
Financement
interne
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Financement externe
L'entreprise ayant une activité à l'international dispose des moyens de financement classiques, auxquels s'ajoutent des techniques spécifiques à l'importation ou à l'exportation. Le crédit peut, par exemple, être accordé à des acheteurs domiciliés dans des pays qui n'ont pas un accès facile aux marchés internationaux de capitaux ou encore pour financer des produits destinés à l'exportation, dont la durée de fabrication est très longue.
Nous choisissons de vous présenter
les modes de financement externes en fonction des besoins de l'entreprise,
à savoir avant l'expédition, lors du stockage ou après
expédition.
Le
financement des besoins avant l'expédition 
- Les acomptes clients (ou avances sur commandes) : l'entreprise peut réduire son besoin de trésorerie en demandant des acomptes à ses clients. Dans ce cas, les clients pré-financent en partie la fabrication des produits qu'ils ont commandés. Les acomptes sont principalement utilisés lorsque le produit ou service est long à réaliser (principalement dans le cas de biens d'équipement). Leur montant ne représente souvent qu'une part de la valeur totale du contrat (de l'ordre de 10 à 30%). Parfois, on pourra faire coïncider le paiement des clients avec des tranches du contrat (p.ex. : 10% à la commande, 20% à fourniture des études, 50% au prorata des livraisons de matériel, 20% à la mise en service du produit ou de l’installation).
- Les crédits de préfinancement :
les acomptes versés par l'acheteur étranger étant souvent insuffisants, l'entreprise doit dans la plupart des cas se tourner vers des financements autres. Les crédits de préfinancement sont consentis par les banques aux entreprises pendant la durée de fabrication des produits destinés à être exportés. Ils permettent donc de financer la fabrication des exportations et de la sorte réduire leur déficit de trésorerie lié à un trop grand décalage entre la fabrication et la facturation. Ces crédits peuvent financer des biens d'équipement, des usines, des marchés de travaux, des contrats d'étude, ...
- Le crédit d'escompte
fournisseur :
par cette technique, l'exportateur réalise un effet dont il est le tiré et son fournisseur le tireur. Si la banque a préalablement approuvé le crédit d'escompte fournisseur, elle paiera immédiatement ce dernier. Dans le même temps, l'intérêt dû à la banque est payé par l'exportateur. L'exportateur rembourse le montant total mentionné sur l'effet à la date d'échéance qui coïncide en principe avec une tranche de paiement ou le paiement de son client. Dans ce cas, l'exportateur reçoit un crédit qui lui permet de financer ses matières premières et autres équipements dans l’attente du paiement de son client et son fournisseur reçoit le montant de sa fourniture au comptant.
Le financement des stocks de produits

La prospection à l'étranger va apporter des commandes à l'entreprise. Pour y répondre, l'entreprise doit constituer des stocks plus importants de matières premières, de produits intermédiaires ainsi que de produits finis. Par ailleurs, l'adaptation des produits peut nécessiter des stocks spécifiques à certains marchés d'exportation. Pour financer ces besoins de fonds de roulement, l'entreprise peut recourir à des financements spécifiques.
La manière la plus simple et la plus courante de financer les stocks est d'obtenir de ses fournisseurs des délais de règlement plus importants. Le recours à cette technique est cependant conditionné à la capacité de négociation de l'entreprise. Hormis cette première possibilité, les crédits de préfinancement (voir le deuxième point ci-dessus) ainsi que l'emprunt en devises peuvent être utilisés. L'exportateur peut également
alléger le coût des importations de matières
premières en décalant le paiement des droits et des taxes par la
mise en entrepôt sous douane
et/ou en utilisant le crédit de paiement.
Le
financement des besoins
après expédition 
Il s'agit
ici de financer le crédit accordé aux clients étrangers
lors des ventes de biens de consommation ou de biens d'équipement. Les
entreprises peuvent se tourner vers les banques ou vers les organismes
financiers spécialisés.
- Le crédit documentaire: il correspond à l'engagement de la banque de l'acheteur de payer l'exportateur contre remise de documents qui prouvent que les marchandises ont bien été expédiées ou que les prestations de service ont été effectuées. Une fois les marchandises expédiées ou les services effectués, les documents commerciaux et financiers sont transmis par le vendeur (ou par sa banque) à la banque de l'acheteur moyennant remboursement, pour que l'acheteur puisse prendre possession de la marchandise. Par ce mécanisme, le vendeur dispose donc du paiement des marchandises dès qu'il a expédié la marchandise et rentré auprès de la banque de l'acheteur (ou de sa banque) les documents commerciaux et de transports demandés.
- L'emprunt en devises (ou avance en devise)
:
il s'agit d'un crédit de trésorerie à court ou moyen terme qui permet de couvrir les décalages de trésorerie entraînés par des opérations commerciales. L'entreprise contracte un emprunt correspondant au montant de la facture dans la devise de facturation, reconstitue sa trésorerie en vendant les devises et ultérieurement, rembourse l'emprunt avec le montant de la créance client une fois que celui-ci paie sa dette. L'emprunt en devise présente l'avantage d'être également une technique de couverture du risque de change.
- La mobilisation des effets (ou escompte commercial) :
elle consiste en une opération par laquelle une banque verse, sauf bonne fin (c-à-d sous réserve que le client effectue le paiement à l’échéance), au porteur d'un effet de commerce,
avant son échéance, le montant de cet effet diminué de frais bancaires (agios). On dit que la banque escompte l'effet de commerce. Ces crédits permettent aux exportateurs qui ont consenti à leurs clients étrangers des délais de paiement à court terme de recevoir le montant de leur créance dès qu'elle prend naissance. Malgré son coût relativement élevé, la mobilisation des effets est une forme de financement à court terme largement utilisée. Au cas où le client n’effectuerait pas le paiement à l’échéance, la banque reprendrait le montant correspondant sur le compte bancaire de l’exportateur.
- Le
forfaiting :
il s'agit d'une "amélioration" de l'escompte commercial, en ce sens qu'il permet à l'exportateur d'être dégagé de tout recours par la banque en cas de défaillance de l'acheteur.
- Le crédit acheteur :
le banquier prête à l'acheteur le montant de la facture de son fournisseur qui sera payée directement au départ de la banque prêteuse. Le fournisseur est ainsi déchargé de tout risque de non-paiement et des charges de trésorerie correspondantes. Cette forme de crédit est réservée à la vente de biens d'équipements et au transfert de technologie pour des montants relativement importants.
- Le crédit de caisse : la banque de l'exportateur permet à celui-ci de descendre en négatif d'un montant préétabli sur son compte courant. L'intérêt dû est calculé au jour le jour sur le négatif enregistré et doit être payé à échéance fixe (tous les trois mois par exemple). Cette forme de financement est onéreuse lorsque la ligne de crédit est constamment utilisée. Le financement doit de préférence être de courte durée. C'est pour cette raison que l'on ne privilégiera pas cette forme de crédit pour le financement des besoins avant expédition, ni des financements des stocks de produits.
- L'affacturage : en recourant à cette technique l'entreprise se décharge de l'encaissement de ses créances clients sur une société d'affacturage (ou factor). Cette dernière prend en charge le risque client et le rapatriement de la créance moyennant commissions. Outre la sécurité contre le risque de non-paiement que l'affacturage offre, cette technique permet, entre autre, de financer les créances.
- Le crédit-bail international : l'exportateur vend le bien à une société de leasing, qui donnera le bien d'équipement en leasing à l'importateur. Ce dernier payera des loyers et pourra éventuellement exercer son option d'achat à la fin du contrat de leasing.
Financement externe versus
financement interne 
Le recours à des tiers (associés ou actionnaires, prêteurs, banques, Etats, organismes financiers divers, ...) présente des difficultés par rapport aux financements internes. Nous retiendrons trois des principaux obstacles à surmonter :
- la gestion des dossiers est souvent fastidieuse ;
- les dirigeants des petites et moyennes entreprises
doivent s'astreindre à des règles juridiques parfois
coûteuses, notamment au travers de cautions personnelles ;
- ce type de financement ne couvre pas toutes les
activités de l'entreprise, et notamment les plus risquées comme le
lancement d'un nouveau produit sur un marché et la protection d'une
invention ou d'un nouveau procédé.
Dernière mise à jour: Sep-2007