Les techniques
de paiement international
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direct | Contre-remboursement |
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Remise
documentaire | Crédit documentaire | Affacturage
Définition

La remise documentaire (ou encaissement documentaire)
est une opération par laquelle un exportateur mandate sa banque
de recueillir, selon ses indications,
une somme due ou l'acceptation d'un effet de commerce par un acheteur contre
remise de documents. Il s'agit de documents commerciaux (factures, documents
de transport, titres de propriété, ...) accompagnés ou
non de documents financiers (lettres de change, billets à ordre, chèques
ou autres instruments analogues pour obtenir le paiement d'une somme d'argent).
Les « Règles uniformes relatives aux encaissements », publiées par la Chambre
de Commerce Internationale (publication no 522), fournissent des règles en
la matière largement reconnues au niveau mondial.
Ne
confondez pas encaissement documentaire et encaissement
simple ! Le terme « encaissement
simple » vise un encaissement par la banque de documents financiers non accompagnés
de documents commerciaux. L'encaissement simple n'est à ce titre pas
une technique de paiement documentaire.
La remise documentaire peut se faire selon deux
formes :
- Documents
contre paiement (D/P) :
la banque située à l'étranger,
correspondante du banquier de l’exportateur, ne remettra les documents que contre paiement immédiat. Cette formule présente
une bonne sécurité pour l'exportateur. Celui-ci reste néanmoins
soumis au risque de refus des documents et de la marchandise par l'acheteur.
- Documents
contre acceptation (D/A) :
la banque située à l'étranger,
correspondante du banquier de l’exportateur, ne donnera les documents
à l'acheteur que contre l'acceptation par ce dernier d'une ou plusieurs
traites payables à une échéance
ultérieure. Cette formule n'offre pas de garantie sûre au vendeur,
puisque le règlement de l'acheteur n'interviendra qu'à l'échéance
de la traite. L'exportateur veillera donc à demander un aval de la
banque sur les traites afin d'éviter le risque d'insolvabilité.
Mécanisme 
Cette technique fait intervenir quatre parties (parfois
seulement trois) :
- Le
donneur d'ordre (ou remettant) :
c'est le vendeur qui donne mandat à sa banque. Il rassemble les
documents relatifs à l'encaissement et les transmet à sa
banque avec l'ordre d'encaissement.
- La banque
remettante : il s'agit de la banque du donneur d'ordre. Elle contrôle les documents remis par le vendeur et les transmet à la banque correspondante étrangère chargée de l'encaissement selon la lettre d'instructions du donneur d'ordre auprès de l’acheteur. La responsabilité de la banque remettante se limite à la bonne exécution des instructions données. Elle n'assume aucun engagement ni responsabilité dans l'hypothèse où les instructions qu'elle transmettrait ne seraient pas suivies. Il en va de même en ce qui concerne les retards, les pertes en cours de transmissions, la qualité des traductions, la qualité de la banque correspondante,...
C'est ce point fondamental qui distingue la remise documentaire du crédit
documentaire. Dans le cadre du crédoc, il s'agit d'un réel
engagement d'une banque qui se porte garante en cas de défaut de paiement
de l'acheteur. Pas ici !
- La
banque présentatrice
:
c'est la banque à l'étranger chargée de
l'encaissement qui effectue la présentation des
documents à l'acheteur et ne les remettra que si elle reçoit le règlement ou une
traite, conformément aux instructions reçues de la banque
remettante.
- Le
tiré
:
c'est celui à qui doit être faite la
traite selon l'ordre d'encaissement. Il s'agit de l'importateur.
Le
rôle de la banque remettante peut s'avérer inutile dans le
cadre d'affaires régulières. L'exportateur
s'adressera directement à la banque présentatrice pour
remettre les documents et la lettre d'instructions.
La
technique de la remise documentaire peut être synthétisée
en 6 étapes au travers du schéma suivant :
Source :
« Management des opérations de commerce
international » - LEGRAND & MARTINI
Contrairement
au crédit
documentaire, la banque n'a,
dans la formule de la remise documentaire, aucune obligation de résultat ! Dans cette procédure, les banques n'interviennent
que comme mandataires de leurs clients. La remise documentaire est donc différente
du crédit documentaire, dans lequel c'est une banque (ou les deux, en cas
de confirmation) qui s'engage(nt) à payer le vendeur.
Coût 
Le
coût (à titre purement indicatif) se situe entre 0,1 à 1 %
du montant de la vente, avec un plafond maximum et minimum. Les frais et
commissions d'encaissement sont à la charge du vendeur, sauf
stipulation contraire entre les parties.
Les avantages et inconvénients

Les avantages de la remise documentaire sont
les suivants :
- l'acheteur
ne pourra pas retirer la marchandise
si des documents nécessaires au dédouanement ou à la remise de la marchandise par le transporteur (Bill of Lading en cas de transport maritime) sont inclus dans la remise documentaire sans avoir préalablement réglé à sa banque le montant de la remise documentaire.
- la procédure
est plus souple que le crédit documentaire
sur le plan des documents et des dates
- le
coût est faible
- il
s'agit d'un mode de paiement souple et moins onéreux
qu'un crédit documentaire
- pour
l'importateur, il offre pratiquement les mêmes garanties que le
crédit documentaire
- l'importateur peut dans certains cas inspecter la marchandise avant de payer ou
d'accepter la
traite
- par l'utilisation
de la traite, l'importateur peut entrer en possession de la marchandise avant
que le paiement ait eu effectivement lieu. Il peut réaliser un bénéfice
à la vente et acquérir les fonds suffisants pour payer sa lettre
de change. La remise documentaire peut donc constituer un mode
de financement.
La remise documentaire comprend également des
inconvénients :
- cette technique
ne protège pas l'exportateur du risque
de change
- si le client
ne se manifeste pas, la marchandise est immobilisée. Il faudra la vendre
sur place à bas prix ou la rapatrier et donc payer à nouveau
des frais de transport. Dans ce contexte, il est important que le vendeur
donne à la banque présentatrice dans la lettre d'instructions
les modalités à prendre pour préserver la marchandise
dans l'hypothèse où le client ne lèverait pas les documents
- l'acheteur
peut invoquer de nombreux motifs pour ne pas payer. C'est la raison pour laquelle
un acompte à la commande est fortement recommandé pour éviter
cette situation
- il n'y a aucun
engagement des banques intervenantes. L'entreprise pourra pallier cette difficulté
en demandant à l'importateur l'aval d'une banque sur sa traite
(dans le cas d'une remise D/A)
- le mécanisme
est déséquilibré entre l'importateur et l'exportateur.
Ce dernier risque beaucoup plus dans l'opération
- cette technique
est fortement soumise au risque
politique. Si l'entreprise la destine vers un marché instable,
il lui est conseillé de contracter une assurance-crédit.
Dernière mise à jour: Sep-2007