Le risque de perte de compétitivité

Une variation des taux de change d'une monnaie par rapport à une monnaie étrangère peut affecter la compétitivité de vos produits, les rendant plus ou moins chers pour les acheteurs étrangers selon que le pays dévalue ou réévalue sa monnaie. De même, une variation positive ou négative des cours de change peut affecter le prix de vos importations de matières premières, affectant de la sorte le coût de revient de vos produits finaux.

 

Cas de l'exportation : un exemple

La société européenne Graindor exporte vers l'entreprise américaine Good Morning 30 000 litres d'huile de tournesol. La remise de prix faite par Graindor au mois de juin est de 500 EUR les milles litres d'huile, le taux de change étant de 1 USD = 1 EUR. Cette offre était à l'époque plus avantageuse que celle remise par le principal concurrent de Graindor, une entreprise sud africaine appelée Foody, qui avait alors fait une remise de 520 EUR les milles litres, à conditions de vente égales. Voyons comment une dévaluation ou une réévaluation d'une monnaie par rapport à une autre peut affecter la compétitivité des produits proposés par l'entreprise européenne.


Dévaluation de l'EUR par rapport au USD
1 EUR = 0,91 USD
1000 litres d'huile coûtent maintenant l'équivalent de 910 USD. La dévaluation de l'euro par rapport au dollar a affecté positivement la compétitivité de l'entreprise européenne. Les importations d'huile sont devenues moins chères en dollars qu'auparavant pour les clients de Graindor.

Réévaluation de l'EUR par rapport au USD
1 EUR = 1,1 USD
1000 litres d'huile coûtent 1100 USD. La réévaluation du dollar par rapport à l'euro a affecté négativement la compétitivité de l'entreprise européenne. Les importations d'huile sont devenues plus chères en dollars qu'auparavant pour les clients de Graindor qui auront tendance à se tourner vers le fournisseur sud africain. 

 

Cas de l'importation : un exemple

Pour fabriquer son huile de tournesol, imaginons que Graindor doit importer des graines de tournesol des Etats-Unis. Son fournisseur, l'entreprise Butterfly, lui offre un prix de 1000 USD la tonne de graines. Le taux de change au moment où l'offre est acceptée est de 1 EUR = 1 USD. Voyons à nouveau comment Graindor peut être affecté par une dévaluation ou une réévaluation de l'euro par rapport au dollar.


Dévaluation de l'EUR par rapport au USD
1 EUR = 0,91 USD
1 tonne de graines coûte maintenant la somme de 1100 EUR. Le prix des importations de matières premières exprimé en euros est plus élevé pour la société européenne Graindor suite à la dévaluation de l'euro par rapport au dollar.

Réévaluation de l'EUR par rapport au USD
1 EUR = 1,1 USD
1 tonne de graines coûte maintenant la somme de 910 euros. Le prix des importations de matières premières exprimé en euros est moins élevé pour la société européenne Graindor suite à la réévaluation de l'euro par rapport au dollar.



Règles générales

1. A court terme Le premier effet d'une dévaluation est, par conséquent, d'accroître les exportations et de diminuer les importations du pays qui décide de dévaluer. A l'inverse, une réévaluation entraînera une diminution des exportations et une augmentation des importations du pays. Cette politique est parfaitement apte à résorber un déficit ou un excédent de la balance des paiements. A moyen et à long terme, on ne peut cependant en rester là et négliger certains effets secondaires de la dévaluation.


2. A moyen et long terme

Même si un pays qui dévalue importe moins, cela ne signifie pas qu'il n'importe plus du tout. Dans ce pays, le coût des produits importés, notamment celui des matières premières, augmente. Les entreprises réagissent à cette hausse des coûts en augmentant leurs prix (inflation par les coûts). Cet effet aléatoire est d'autant plus important que le pays en question est petit et qu'il ne lui est donc pas possible de substituer des produits nationaux aux produits importés. Il est encore renforcé lorsqu'il existe dans le pays un système d'indexation automatique des salaires par rapport au niveau général des prix.

Une politique de dévaluation menée par un gouvernement en vue de résorber un déficit de la balance des paiements risque donc d'être accompagnée d'un phénomène général d'augmentation des prix (inflation), sauf si, par exemple, le gouvernement applique une stricte politique de contrôle des prix qui, dans ce cas, vous empêchera de conserver vos marges bénéficiaires.

Dans le même temps, à l'étranger, le prix des produits intermédiaires importés diminue. Cette baisse des coûts de production permet aux entreprises importatrices de faire pression sur leur propre prix en vue de sauvegarder leur part de marché momentanément menacée par les importations de produits finis concurrents devenus moins chers en devise étrangère.

A l'inverse, dans le cadre d'une réévaluation, les entrepreneurs étrangers achètent à un prix plus élevé les produits nationaux. Ils voient donc leurs prix augmenter, alors que le pays qui réévalue enregistre une baisse des coûts de production de ses firmes et peut, par conséquent, maintenir des prix stables. Cette stabilité des prix nationaux, comparée à la hausse des prix étrangers, finit par compenser les avantages que l'on a retirés à court terme de la réévaluation (diminution des exportations).

Une politique de réévaluation menée par un gouvernement en vue de résorber un excédent de la balance des paiements risque donc de se voir inutile suite à un phénomène général de stabilisation des prix nationaux comparée à la hausse des prix étrangers.

L’entreprise Mac Valves Europe a fortement été touchée par la hausse du dollar par rapport à l’euro au cours des années 1999 et 2000.  Voyons dans quelle mesure et comment l’entreprise a pu faire face à cette perte de compétitivité.

Dernière mise à jour: Sep-2007