Evaluer le risque de non-paiement

Un paiement non réalisé peut remettre en question la pérennité de l'entreprise. D'après la Commission européenne, environ un quart des liquidations des petites et moyennes entreprises sont dues à un défaut de paiement d'un ou de plusieurs clients. Or, c'est parfois lors de la livraison ou à l'échéance de paiement que l'exportateur s'interroge sur les conséquences financières d'une éventuelle défaillance de son client étranger. Se poser cette question à ce moment-là suppose que l'entreprise n'a développé préalablement aucune politique de gestion du risque de crédit. Ce sursaut d'inquiétude risque d'arriver trop tard et d'exposer l'exportateur à des difficultés financières.

La première démarche à adopter est celle de la prévention. L'exportateur doit tout d'abord identifier les risques face auxquels il est confronté, et évaluer leur intensité. Il tentera de répondre à la question suivante : « le risque peut-il être défini et prévenu ? ». Pour ce faire, l'entreprise doit déterminer d'une part quel type de risque de crédit elle encourt, d'autre part quels en sont les déterminants. Elle pourra ensuite évaluer de manière efficace ce risque, principalement au travers de collectes d'informations diverses, et recourir à la technique de couverture qui y est appropriée.




Les différents risques de crédit

Le degré de risque de non-paiement peut être lié à deux types de facteurs :




Les déterminants du risque de crédit

Pour faire face au risque de crédit, l'exportateur doit d'abord identifier ses différents déterminants. De manière générale, le degré de risque sera fonction de la répartition du chiffre d'affaires, des caractéristiques du client et des délais de paiement qui lui seront octroyés.


1. La répartition du chiffre d'affaires

La concentration des ventes sur peu de clients ou sur une zone géographique limitée constitue une des sources du risque de non-paiement. Cette concentration accroît en effet la vulnérabilité de l'entreprise en cas de défaillance de l'un d'eux ou de la survenance d'un risque politique.

Ce déterminant doit cependant être relativisé. Il relève d'une vue probabiliste du risque d'impayé qu'il faut pondérer par le niveau du risque politique du pays et la qualité des clients. Il est difficile en effet d'évaluer une situation sur base de la répartition du chiffre d'affaires sans avoir auparavant étudier de façon approfondie la solvabilité et les perspectives de chacun des clients. D'autre part, il faut nuancer son analyse en fonction des secteurs d'activités des clients ou de leur localisation. Ainsi, une entreprise dont les clients sont tous basés au Pérou, par exemple, encourt un risque d'impayé beaucoup plus important qu'une entreprise pour laquelle ils se situent tous en Allemagne.

La concentration sur une zone géographique limite la possibilité pour l’exportateur de profiter de la bonne tenue économique conjoncturelle dans des pays où il n’est pas présent : ce qui le met dans l’impossibilité de stabiliser ou augmenter son chiffre d’affaire alors que ses marchés habituels sont en décroissance ou au mieux stables..


2. Les caractéristiques de l'acheteur


Traiter avec une entreprise publique, un gouvernement, une institution internationale, ... peut sembler moins risqué compte tenu de la nature des fonds de financement de ce type d'institution. Cependant, l'expérience montre que les organes publics demandent des délais de paiement souvent longs et que les risques sont fortement liés au climat politique entre les Etats du vendeur et de l'acheteur.


3. L'échéance de paiement

Le délai de paiement, fixé lors de la négociation, a un impact important quant au risque que l'entreprise encourt vis-à-vis du recouvrement de sa créance. Plus ce délai est long, plus l'intensité du risque d'impayé augmente. En effet, durant le délai de crédit, l'acheteur peut faire faillite, des événements politiques peuvent se produire. Autant de raisons qui sont susceptibles de retarder ou d'empêcher le paiement.



L'évaluation du risque de crédit

La toute première démarche à adopter, avant même de conclure toute transaction, est d'évaluer le risque de non-paiement lié au prospect/client potentiel mais également à son pays pour éviter de remettre une offre qui ne répondrait pas à la nécessaire sécurisation du paiement à effectuer par le client lors de la phase contractuelle.


La prévention du risque est indispensable et non exclusive d'une couverture ou d'un transfert ultérieur du risque. En effet, même en cas de transfert du risque ( affacturage ou assurance crédit) les « mauvais risques » ne seront pas acceptés par les organismes financiers qui proposent ces services. L'entreprise doit donc à l'avance apprendre à détecter ces mauvais risques.

Dernière mise à jour: Sep-2007