La lettre de crédit stand-by est une technique hybride dans le sens où elle se rapproche du crédit documentaire par la remise obligatoire de documents conformes pour qu'elle se réalise, et de la garantie sur demande par le fait qu'elle n'est levée qu'en cas de défaillance de paiement de l'acheteur.
Cependant, malgré les rapprochements que l'on peut en faire avec le crédit documentaire, elle ne doit pas être confondue avec ce dernier car elle ne remplit pas les mêmes fonctions. En effet, la lettre de crédit stand-by, si elle est bien une technique de protection contre le risque de non-paiement, ne constitue pas un mécanisme de paiement !
Note
: La lecture de ce schéma se fait le plus
facilement en suivant la numérotation dont l'ordre correspond à l'évolution
des opérations.
N'hésitez
pas à consulter notre fiche technique qui vous présente un exemple type de
lettre de crédit stand-by.
Encadrement juridique ![]()
Les
lettres de crédit stand-by (LCSB) font partie intégrante des
Règles et Usances Uniformes de la CCI relatives aux crédits
documentaires. Seuls les articles 1 et 2 des RUU 500 les mentionnent.
L'article 1 stipule notamment « que les règles et
usances ... s'appliquent à tous les crédits documentaires
(y compris, dans la mesure où elles seraient applicables aux lettres de
crédit stand-by) ... ».
Cependant,
pour tenir compte de l'importance de plus en plus grande que prennent les
lettres de crédit stand-by, les Règles et Pratiques
Internationales relatives aux Stand-by (RPIS 98) ont été
spécialement rédigées.
Ainsi
cohabitent deux textes régissant la même
problématique ! Alors comment s'y retrouver ? A laquelle
vaut-il mieux faire référence ?
Les
RPIS 98 sont des règles plus libérales et moins contraignantes
que les RUU 500, principalement en matière d'obligations
documentaires. Leur utilisation peut donc simplifier la technique de la LCSB.
La difficulté par rapport à leur utilisation se trouve cependant
dans le fait qu'elles n'ont pas encore l'audience
internationale qu'ont acquise, par un long emploi, les RUU 500. De plus,
la conjugaison de leur caractère plus libéral et du manque de
pratique dont elles souffrent suite à leur jeunesse rend leur
utilisation plus aléatoire. Cependant, beaucoup pensent que les RUU
seront confinées aux seuls crédits documentaires dans un avenir
plus ou moins proche. On choisira donc de préférence les RPIS 98,
qui malgré leur défaut de jeunesse, restent les règles les
mieux adaptées aux lettres de crédit stand by
Pour
l'instant, les opérateurs internationaux doivent veiller à bien
préciser si leurs LCSB sont soumises aux RUU 500 ou aux RPIS 98, car ces
deux jeux de règles sont sensiblement différents, et donc le traitement
par les banques des LCSB n'est pas le même selon qu'elles dépendent
des premières ou des secondes.
Les
RUU 500 et les RPIS 98 ne sont pas disponibles gratuitement via Internet. Vous
pouvez néanmoins les commander par le
site de la CCI.
Rôle des documents ![]()
Les documents à produire pour la mise en jeu
d'une LCSB commerciale sont peu complexes et peu nombreux. Il peut être
demandé de produire :
Souvent, et notamment dans les pays anglo-saxons,
la présentation documentaire se limite à la seule déclaration
de non-paiement.
Avantages et inconvénients ![]()
Sur le plan du circuit des documents, la LCSB améliore
les opérations de façon très sensible par comparaison au
crédit documentaire. Dans la LCSB, les originaux des documents et, en particulier des documents de transport tels que le connaissement maritime, sont envoyés directement de l'exportateur
vers l'importateur, permettant à celui-ci de les exploiter dès l'arrivée
des marchandises. La vérification des documents se réalise en une
seule fois, est moins stricte et plus rapide. Les documents à produire
par le bénéficiaire sont de plus très simplifiés.
Dans
les crédits documentaires,
le circuit des documents est plus complexe. Les originaux doivent être
remis à la banque notificatrice, qui les fait parvenir, après
vérification, à la banque émettrice, celle-ci les
remettant, après nouvelle vérification, au donneur d'ordre.
Ces opérations prennent en général une dizaine de jours.
Pour les circuits maritimes courts (comme ceux en Méditerranée),
les marchandises arrivent au port de destination, dans la plupart des cas,
avant les documents. Or, il faut présenter un connaissement original
à la compagnie maritime pour qu'elle délivre la
marchandise !
Cependant,
cet avantage de la LCSB par rapport au crédit documentaire ne vaut que
si l'on s'intéresse à ces deux outils comme moyens de protection
contre le risque de non-paiement. N'oublions pas que le crédit documentaire
est également une technique de paiement (voir de financement dans certaines
circonstances), ce que la LCSB n'est pas, et qu'il est dès lors trompeur
de comparer deux outils qui ne remplissent pas exactement les mêmes fonctions.
Sur
le plan des inconvénients, la LCSB protège mal l'acheteur,
alors que le crédoc apporte un juste équilibre entre les
intérêts des deux parties. Prenons quelques exemples
concrets : les RPIS 98 accordent de trois à sept jours pour
vérifier toutes les anomalies sur documents. Ce délai peut donc
s'avérer extrêmement court, favorable au vendeur. De
même, l'acheteur se trouve moins protégé s'il y
a des fautes de frappe, par exemple, dans l'adresse de livraison. Or
celle-ci peut avoir une importance. Certains n'hésitent pas
à comparer une LCSB émise sur ordre de l'acheteur à
un chèque en blanc. Les appels abusifs en garantie demeurent cependant
très rares ...
Un
autre défaut est directement lié à la
« jeunesse » de la LCSB. La jurisprudence la concernant est
rare et incertaine, et son universalité est bien moindre que celle dont
bénéficie les crédocs.
Toutefois,
si l'on met les avantages et les inconvénients de la LCSB en tant qu'outil
de protection contre le risque de non-paiement en balance, les avantages peuvent
l'emporter sur les inconvénients dans le cas de courants d'affaires récurrents,
répétitifs, comme dans le cadre de relations commerciales avec des
représentants ou des concessionnaires exclusifs. Pour les opérations
ponctuelles, le crédit documentaire reste à privilégier.
Dernière mise à jour: Sep-2007