Principe ![]()
Le paiement par le banquier est lié à
la conformité des documents présentés par l'exportateur
bénéficiaire. Il en résulte pour le banquier un devoir
de vérification. Le banquier doit procéder exclusivement à
un examen formel de la conformité des documents par rapport aux stipulations
du crédit. Il ne lui appartient pas de s'assurer, par des vérifications
extérieures, que ces documents reflètent la réalité.
Les Règles et Usances Uniformes sont d'ailleurs
très explicites sur cette question : « dans les opérations
de crédit, toutes les parties intéressées ont à
considérer des documents à l'exclusion des marchandises, services
et/ou autres prestations auxquels les documents peuvent se rapporter ».
Ainsi, par exemple, si le crédit documentaire
dont vous êtes le bénéficiaire prévoit que le connaissement
maritime
doit porter la mention que la marchandise exportée a été chargée à bord en bon état, il suffit que cette mention soit portée sur le document requis par la personne habilitée à l'établir sans que le banquier ne puisse vérifier si tel est effectivement le cas. La seule exception à cette règle est celle du caractère manifestement frauduleux des documents que vous remettriez.
De manière générale, vous vous inquiéterez de l'indépendance de la source d'émission des documents utiles dans le cadre du crédit documentaire. Ainsi, nous vous déconseillons, par exemple, d'accepter les documents unilatéraux émis par le client, comme par exemple, un reçu attestant de la bonne réception des marchandises. Il serait alors trop aisé, si votre client est malhonnête, qu'il ne marque une certaine désinvolture dans la transmission de ces documents ou qu'il ne respecte pas les délais fixés dans le contrat de vente qui vous lie, mettant en cause votre remboursement par la Banque.
Il est important également de noter que cette vérification des documents par la banque sera une opération plus ou moins risquée selon les pays. C'est ainsi qu'il faut s'attendre d'une banque anglaise qu'elle scrute les documents dans leurs moindres détails. Il en va de même pour les banques chinoises ou Hongkongaises, par exemple, qui parfois n'utilisent que la langue chinoise et vérifient les documents lettre à lettre. Une simple erreur comme une faute d'orthographe dans le nom d'un port peut dans ce cas s'avérer dommageable même si les RUU600 édictée en 2007 par la CCI sont plus souples que les précédentes.
Documents systématiquement
exigés ![]()
Factures : elles devront être fournies
dans le nombre d'originaux et de copies requis par le crédit documentaire,
mais aussi avec les libellés ou visas exigés (ambassades, organismes
de surveillance, ...).
Soyez attentif que lorsqu’un acompte vous est payé, il pourra y avoir une facture douanière représentative de la valeur des marchandises et une facture commerciale pour le montant restant à payer.
Liste de colisage : elle indique pour chaque colis ses caractéristiques (marques, numéros, poids brut, poids net, dimensions, cubage et contenu). Elle donne également un récapitulatif des totaux de l'expédition (nombre de colis, cubage, poids brut, ...) pour l’ensemble de l’expédition mais aussi par conteneur le cas échéant.
Le document
de transport :
Si en transport aérien, routier ou ferroviaire, la marchandise est remise au destinataire indiqué sur le document de transport, nous vous rappelons qu'en transport maritime, seul le document de transport représente un titre d’obtention de la marchandise au port d’arrivée qui, par endossement, peut être transféré par le destinataire à un tiers. Sur les courtes traversées, la marchandise risque de parvenir au port d'arrivée avant les documents. Les opérateurs internationaux ont dès lors mis au point des techniques pour pallier cette difficulté comme la technique du cartable de bord
ou de l’ “EXPRESS RELEASE BILL OF LADING’ mais dans ce cas l’exportateur perd le contrôle de la marchandise si le paiement n’est pas effectué ou qu’il y a des réserves dans les documents présentés à la banque. .
Documents éventuellement
exigés ![]()
Chaque
crédit documentaire ouvert par un client prévoit en sus des
documents cités ci-dessus, un certain nombre d'autres documents
qu'il conviendra de fournir dans les formes requises. De manière
non limitative, nous pouvons citer :
le certificat d'assurance : il est en principe établi par la compagnie
d'assurance généralement pour 110 % de la valeur de la marchandise incluant le transport jusqu’à destination
le certificat d'origine :
il s'agit d'une déclaration dûment signée (par la Chambre de Commerce locale dans la plupart des pays européens) qui a pour but de prouver aux autorités du pays importateur l'origine des marchandises achetées afin de lui permettre d'exercer un contrôle
sur les marchandises contingentées et / ou de calculer les droits de douane
auxquels elles sont soumises
le
certificat de contrôle qualité (ou certificat
d'inspection) : ce document est généralement émis par des firmes
spécialisées dont certaines sont agréées par des
sociétés de contrôle de réputation internationale,
telles que la Société Générale de Surveillance
(Genève), LLOYDS REGISTER,
VERITAS,
... Ces organismes attestent qu'ils ont inspecté les marchandises
et qu'ils les ont trouvées conformes aux détails, normes et
spécifications demandées tant pour ce qui concerne leur
qualité que leur quantité. Sur demande, ils contrôlent
aussi le conditionnement, les marques, le numéro des colis, et en
surveillent l'embarquement
le
certificat sanitaire ou phytosanitaire :
de nombreux pays importateurs exigent un certificat phytosanitaire pour tout produit agricole mais également parfois pour les emballages en bois. Ce certificat, délivré par les autorités
locales de l'exportateur, atteste que les produits du pays exportateur
sont sains et ne contiennent ni insectes nuisibles, ni germes pathogènes
et / ou ne viennent pas de régions atteintes d'une
épidémie ou l'autre
le
certificat d'analyse :
pour certaines marchandises, telles que les produits chimiques, certaines
matières premières, certains produits d'origine agricole
comme le vin, l'alcool, etc., l'acheteur peut aussi exiger la
présentation d'un certificat d'analyse. Ce certificat peut
être établi et signé soit par le fabricant lui-même,
soit par un laboratoire indépendant ou un laboratoire d'Etat. Il
constate la teneur et le litrage de la marchandise, afin d'en
déterminer la qualité spécifique
le
certificat d'usine :
ce document contient habituellement des essais physiques ou mécaniques
(élongation, résistance à la traction, à la
torsion, etc.) et même des analyses chimiques
le
certificat de circulation des marchandises :
c'est un document douanier qui a pour but de faciliter l'application des dispositions mises au point par l'UE avec certains pays tiers en vue de faire bénéficier les produits originaires de l'UE de droits de douane préférentiels dans ces pays (EUR1 pour la Suisse, le MAGHREB, l’Egypte, le Mexique … et ATR pour la Turquie)
les
certificats de poids, de jaugeage, de mesurage :
ils
peuvent être établis par le vendeur, sauf si l'acheteur
exige qu'ils soient émis par un tiers ou par un peseur juré
la
facture douanière :
la facture douanière reproduit les indications essentielles de la
facture commerciale et certifie l'origine de la marchandise sous la
signature conjointe de l'exportateur et d'un témoin. Elle
est requise par la douane de certains pays anglo-saxons ou sous influence
anglo-saxonne pour dédouaner la marchandise
Des
certificats et attestations divers émis par le bénéficiaire
ou des tiers pourront être demandés. Nous vous conseillons d'apporter
la plus grande attention à la liste énumérative proposée
dans le contrat.
Assurez-vous que vous pouvez bien fournir les documents demandés par l'importateur avant de marquer votre accord sur la lettre de crédit documentaire à émettre par votre client.
Dernière mise à jour: Sep-2007