La politique
douanière de l'Union Européenne.
Développement de l'Union
douanière | Principes de la politique
douanière européenne | Administrations
douanières
Au
travers du Tarif Douanier Commun
,
les instances européennes appliquent le principe selon lequel les producteurs
nationaux doivent pouvoir concurrencer de manière équitable, sur le marché communautaire,
les producteurs de pays tiers qui exportent vers l'UE.
La Politique Agricole
Commune et certaines mesures de contrôle du commerce extérieur
découlent de l'application de ce principe. Ainsi, la douane adapte
constamment le tarif douanier commun en tant qu'instrument d'orientation du
commerce mondial, tout en respectant les accords pris dans le cadre des négociations
de l'Organisation Mondiale du Commerce
(OMC).
L'UE n'encourage pas que les échanges dans le contexte multilatéral
de l'OMC. Elle a également conclu des accords avec différents
pays ou groupes de pays sous la forme d'accords de libre-échange
ou de régimes tarifaires préférentiels.
Les revenus que constituent les droits d'entrée de produits provenant
de pays tiers constituent la principale source financière de l'UE. Peu
importe par quel point géographique entre la marchandise étrangère
sur le territoire douanier communautaire, les administrations douanières
nationales n'en retirent pas un profit individuel plus important. La manne que
constitue les droits de douane est redistribuée aux différents
Etats Membres principalement au travers des fonds structurels et de la Politique
Agricole Commune.
Avant l'avènement du marché commun, l'agriculture faisait l'objet d'une intervention intense de la part des Etats membres. Pour assurer l'intégration économique européenne, il était impératif de contrecarrer cet interventionnisme étatique. Dès lors, les Etats membres ont mis sur pied une politique agricole commune (PAC) via la fixation de prix communs, la mise en place d'instruments communs de gestion des prix, le financement commun des mesures de soutien et la protection commune vers l'extérieur. C'est ce dernier point qui nous intéresse particulièrement ici.
Les agriculteurs européens ne peuvent proposer des prix compétitifs face à la concurrence émanant de pays disposant de facteurs de production meilleurs marchés. Or le secteur agricole européen constitue un pilier de la structure économique de l'Europe. Dès lors, ne pas aider les agriculteurs à faire face à la concurrence internationale aurait eu des conséquences économiques et sociales catastrophiques, mettant à mal les exportations européennes peu compétitives et favorisant l'approvisionnement à l'étranger des firmes européennes. Les Etats membres ont donc mis en place le système des prélèvements et des restitutions agricoles.
Le prix de seuil (céréales, sucres, produits laitiers, huile d'olive) ou prix d'écluse (viande porcine, œufs et volaille) est un prix minimum à partir duquel peuvent entrer librement les importations en provenance des pays tiers.
N'hésitez pas à consulter le site officiel de la PAC.
Mesures
de contrôle du commerce extérieur ![]()
1. A l'exportation
Si la plupart des marchandises sont libres de passer les frontières à l'exportation, quelques-unes sont cependant soumises à des régimes particuliers d'exportation.
2. A l'importation
La politique commerciale
de l'UE a notamment pour objectif de protéger les entreprises de certains
secteurs de la concurrence de pays tiers. A cet égard, l'Union Européenne applique à
certaines importations des mesures de contrôle. La liste des produits concernés,
la nature des règles appliquées, les périodes de référence, … sont publiées
au Journal Officiel des Communautés Européennes (JOCE)
dans la rubrique "Avis aux importateurs". Ces informations sont aussi signalées
par le Tarif Intégré Communautaire (TARIC)
.
La
DG
XXI propose deux
bases de données on-line, remises à jour régulièrement.
L’une, intitulée TARIC,
fournit les informations contenues dans le Tarif Intégré Communautaire (droits
de douane, mesures de contrôle du commerce extérieur, …). L’autre, appelée
QUOTA,
présente plus spécifiquement des informations sur les contingents à
l'importation (dont la situation quotidienne des contingents et quotas à
l’importation).
Les accords de libre échange visent à
encourager les échanges entre les pays parties à l’accord, par le biais de
concessions tarifaires réciproques.
1. La différence entre une union douanière et une zone de libre-échange
Une zone de libre-échange (ZLE) est créée lorsque des pays souhaitent rapprocher leurs économies, sans les intégrer ou les transformer en une seule entité. L'objectif est d'éliminer totalement les droits de douane et les restrictions aux échanges entre les pays qui font partie de la zone de libre-échange. Chaque état membre conserve son propre tarif douanier et sa propre politique commerciale vis-à-vis du monde extérieur.
La ZLE doit définir des règles pour déterminer quelles marchandises peuvent circuler librement d'un pays à l'autre à l'intérieur de la zone (selon que les marchandises proviennent d'un pays de la zone de libre-échange ou sont importées de l'extérieur). Il s'agit principalement de règles d'origine. Parmi les zones de libre-échange, il convient de citer l'Espace Economique Européen (EEE - Union Européenne, Islande, Norvège, Suisse et Lichtenstein), l'Association Européenne de Libre Echange (AELE - Islande, Norvège, Suisse et Lichtenstein), l'ALENA (Etats-Unis, Canada et Mexique), le MERcado del COmmon del SUR (MERCADO - Argentine, Paraguay, Uruguay et Brésil) et la Communauté des caraïbes (CARICOM).
Une union douanière vise à l'intégration économique sans restriction à l'intérieur des frontières de l'union (différentes taxes intérieures sur les ventes peuvent entraver ce processus). Tous les membres de l'union douanière appliquent un tarif douanier commun et une politique commerciale commune à l'égard des marchandises provenant de pays tiers.
Aucune frontière
intérieure n'est donc nécessaire à des fins douanières
ou pour les besoins du commerce extérieur. L'Union Européenne
est à ranger dans cette catégorie.
2. Exemples de ZLE conclues à ce jour
Interex,
site français sur le commerce extérieur, vous propose une liste des accords
conclus entre l'UE et les pays tiers. Le
site de la "DG trade" de la Commission Européenne propose, de
manière plus complète, la liste des accords régionaux entre l'Union
européenne et des pays tiers.
Les régimes
tarifaires préférentiels ![]()
Toute marchandise entrant dans l'Union Européenne est théoriquement taxée selon les droits d'entrée qui lui sont propres. Toutefois, afin de réserver aux marchandises originaires de certains pays ou groupes de pays un traitement favorable, l'UE réduit fortement ces droits ou y renonce entièrement dans le cadre d'accords bilatéraux ou multilatéraux auxquels sont associés des règles d'origine et des documents propres.
1. La convention de Lomé
La convention de Lomé recouvre les accords de coopération avec les pays ACP (Afrique, Caraïbes et Pacifique). La plupart des membres de ce groupe ont des liens économiques traditionnels avec les membres de l'UE dont celle-ci souhaite encourager le développement. La convention de Lomé est la quatrième d'un cycle qui a débuté en 1963. Les pays signataires à cette convention bénéficient d'un accès en franchise de droits pour tous leurs produits industriels et la plupart de leurs produits agricoles. De plus, le groupe ACP bénéficie des règles d'origine les plus libérales afin de tirer le meilleur profit des réductions tarifaires.
Pour plus d'informations à propos des accords UE – Pays ACP vous pouvez vous référez sur le site
de la « DG Développement » de la Commission Européenne.
2. Les accords méditerranéens
Dans le cadre de la politique méditerranéenne générale de l'UE, des accords ont été conclus avec l'Algérie, Chypre, l'Egypte, Israël, le Liban, Malte, le Maroc, l'Organisation de Libération de la Palestine, la Syrie et la Tunisie. L'objectif est de lier les partenaires de la même manière que le sont, pour les règles d'origine, les pays signataires de la convention de Lomé. La plupart de ces partenaires ont été parmi les premiers pays à établir des relations économiques et commerciales particulières avec l'UE. De plus, l'UE porte naturellement une attention particulière à la région méditerranéenne en raison de sa proximité.
3. Le Système de Préférences Généralisées (SPG)
Le Système de Préférences Généralisées pour les pays en développement est un moyen de développer les échanges sur la base de concessions commerciales accordées de manière autonome par les pays industrialisés. La plupart des pays en développement bénéficiant du SPG au niveau mondial profitaient déjà de préférences avec la Communauté (Etats ACP ou méditerranéens). Le SPG permet donc à d'autres pays en voie de développement comme ceux d'Asie et d'Amérique latine d'exporter vers l'Union européenne à des taux de droits inférieurs pour les produits manufacturés et les produits agricoles transformés. Des réductions tarifaires supplémentaires sont offertes aux pays en développement qui se conforment aux accords internationaux relatifs à la protection de l'environnement et à l'interdiction du travail des enfants ou du travail forcé.
Afin d'éviter les fraudes de détournement de trafic (c’est-à-dire faire transiter un bien par un pays bénéficiant de mesures tarifaires préférentielles afin d’obtenir un taux de droit de douane réduit à l’entrée dans l’UE), les produits pouvant bénéficier de régimes tarifaires préférentiels doivent satisfaire deux conditions :
La règle de transport direct sera vérifiée par un titre de transport unique, établi dans le pays d'exportation. Le transit par des pays partenaires est cependant autorisé s'il s'avère économiquement justifié et s'il est contrôlé par une autorité douanière.
Dernière mise à jour: Sep-2007