Circuits de distribution
Sélection des réseaux de distribution
| Facteurs de choix
L'entreprise
doit choisir le type de circuit (circuit long ou court) et ensuite la
nature et le nombre des points de vente qui lui permettront
de mettre ses produits à la disposition des consommateurs
:
Type de circuit
Les circuits de
distribution se distinguent par leur longueur et leur complexité
c'est-à-dire par le nombre d'intermédiaires (grossistes et
détaillants) qui se placent entre le producteur et le client final.
1. Longueur du circuit
La longueur des canaux de
distribution dépend en grande partie du degré d'intégration
de la fonction de gros qui se trouve en amont des points de vente de
détail. Celle-ci peut être assurée par un seul ou par
plusieurs grossistes intervenant successivement dans le circuit. Parfois
même, les détaillants assument eux-mêmes la fonction : c'est
le cas, par exemple, des centrales d'achat de la grande distribution qui sont
des commerces intégrés.
Lorsque le nombre d'intermédiaires est faible,
on parle de circuit court ou de réseau de distribution direct.
A l'opposé, lorsque le réseau est constitué d'un grand
nombre d'intermédiaires, on parle de circuit long ou indirect.
La majorité des entreprises essaient d'avoir des réseaux de distribution
les plus directs possibles afin d'accroître leur efficacité. Cependant,
de façon générale, on observe que :
- plus les contraintes de la distribution physique
sont importantes en terme de stockage, de transport et de conservation, plus
les circuits se compliquent (exemples : fruits, légumes, poisson frais,
fleurs, boissons en bouteille, ...) ;
- plus les commerces de gros et de détail
sont éclatés dans un marché, plus les circuits sont complexes
(exemple : distribution alimentaire au Japon).
2. Commerce de
grosIl existe des
différences notables entre les pays au niveau du nombre, de la
taille et de la qualité des grossistes.
Généralement, les
pays développés ont des réseaux de grossistes
concentrés (quelques grandes organisations de grossistes s'adressant
chacune à un nombre élevé de détaillants, ce qui
implique des circuits plus courts) et les pays en voie de développement,
des réseaux de grossistes fragmentés (nombreux petits
grossistes servant chacun un nombre limité de détaillants, ce qui
correspond à des circuits plus longs). Il existe bien entendu de
nombreuses exceptions à ce principe (par exemple, l'Italie et le Japon
ont des réseaux de distribution de gros très fragmentés).
La tendance mondiale est à une
diminution du nombre de grossistes et à une augmentation de leur taille,
en raison de la plus grande disponibilité des moyens de transport
(voitures), des réfrigérateurs, de l'augmentation du nombre de
femmes exerçant une activité professionnelle, ... Cela implique
pour les fabricants que les grossistes ont un pouvoir de négociation
accru et peuvent plus facilement imposer leurs exigences (d'où
l'émergence des
marques privées).
Généralement, lorsque
la distribution est fragmentée :
- les coûts de contact et de
transaction pour le fabricant peuvent être plus
élevés et faire augmenter les prix pour les consommateurs
finaux ;
- les petits grossistes ont tendance à ne
distribuer qu'un assortiment étroit de marchandises et à ne
couvrir qu'une zone géographique limitée ce qui peut forcer
l'exportateur à se concentrer uniquement sur certains produits de sa
ligne et certaines régions du marché ;
- les petits grossistes ont tendance à
n'offrir que peu de services. Leur capacité de stockage est
moindre, ils communiquent moins d'information au fabricant sur le marché
et s'investissent très peu dans la promotion et la publicité des
produits.
3.
Commerce de détail
Comme
pour le commerce de gros, il existe de grandes différences dans les
réseaux de distribution de détail à travers les pays en
termes de nombre et de taille.
Les
pays fortement industrialisés (dont les USA) tendent à avoir des
réseaux de détaillants plus concentrés que dans les
pays en voie de développement. Les réseaux concentrés sont
composés d'un nombre limité de gros détaillants,
susceptibles d'être plus efficaces et d'offrir plus d'économies
d'échelle. Malgré cette tendance, certains pays
industrialisés ont une structure de détail plutôt
fragmentée (exemples : Japon, Italie, Belgique, France, ...).
En ce qui concerne le niveau de
service offert par les détaillants (stockage, rayonnage, promotion,
crédit clients, collecte d'information, ...), celui-ci dépend des
ressources et des compétences techniques de chacun.
Généralement, plus ceux-ci sont petits, moins ils sont aptes
à prester un service qui doit alors être assumé par le
fabricant :
- le stockage des produits est une fonction
de base assurée par les détaillants dans tous les pays mais selon
des modalités diverses. Les petits détaillants ne peuvent garantir
qu'un niveau de stock limité. Ils seront d'ailleurs souvent en rupture de
stocks, ce qui représente une perte pour l'exportateur ;
- le type de rayonnage que le produit
obtient dans un magasin de détail dépend de l'infrastructure
physique (espace, rayons, éclairage, ...) variable selon les pays
;
- la promotion du produit par les
détaillants est généralement limitée à la
mise en rayons. Parfois, certains détaillants s'investissent dans la
vente personnelle ou la publicité de produits qui
représentent une part importante de leurs ventes ;
- peu de détaillants allongeront les
conditions de crédit à la clientèle étant
donné leurs ressources généralement limitées.
Nature des points de vente
de détail
De façon
générale, tous les points de vente desservis par les circuits
sélectionnés seront approvisionnés par l'entreprise. Dans
certains cas cependant, l'exportateur devra en faire une sélection :
Il existe une classification des
points de vente sur base des critères suivants :
- la surface de vente qui permet d'opposer
les petits aux grands magasins ;
- le degré de spécialisation
qui se réfère à la largeur
et à la profondeur
des assortiments proposés. On peut ainsi distinguer les magasins
spécialisés (exemple : fleuriste) des magasins généralistes
(grands magasins qui vendent de l'alimentaire et du non alimentaire) ;
- la technique de vente (libre-service,
présence d'un vendeur, ...).
Les principaux points
de vente qui sont ainsi distingués sont les petits commerces
traditionnels spécialisés ou non, les supérettes, les
supermarchés, les grandes surfaces spécialisées, les
hypermarchés, les discounters, ... :
- les supermarchés et supérettes
sont de petites surfaces de produits alimentaires et de produits courants
;
- les grandes surfaces
spécialisées sont en général localisées
près d'hypermarchés ou le long des routes. Elles offrent des
produits très diversifiés (meubles, articles de bricolage,
jardinage, chaussures, vêtements, etc.) ;
- les hypermarchés sont
implantés le long des grands axes de communication. Leur clientèle
est motorisée et attirée par des prix compétitifs. Les
hypermarchés disposent en effet de vastes parking et offrent un
assortiment étendu de produits essentiellement d'achats courants,
alimentaires ou non, à des niveaux de prix bas ou moyens ;
- les discounters s'adressent
exclusivement aux consommateurs sensibles à l'aspect prix. Pour
pouvoir justifier leur politique de bas prix, ils proposent un
aménagement simplifié, un service réduit aux clients et un
assortiment limité.
Si
vous voulez en savoir plus sur les caractéristiques de ces différents
types de points de vente (en terme de localisation, de surface de vente, de
mode de vente, d'assortiment, ...), consultez la
fiche
technique jointe.
Il est également possible de classer les
points de vente en fonction de leurs modes de gestion et de propriété.
On peut ainsi distinguer dans le commerce de détail le commerce intégré,
le commerce associé et le commerce indépendant :
- le commerce intégré (grands
magasins, magasins à succursales, supermarchés,
hypermarchés, vente par correspondance, coopératives de
consommation et d'entreprises, ...) fonctionne selon le principe de la centrale
d'achat c'est-à-dire qu'une organisation centrale va gérer une
grande partie de l'approvisionnement des points de vente. Cette organisation
permet à l'exportateur de réduire le nombre de ses interlocuteurs
sur le marché étranger mais peut en revanche le mettre en position
de faiblesse face à ces distributeurs qui, de par leur taille, ont un
pouvoir de négociation accru. Les petits exportateurs pourraient avoir
certaines difficultés à faire référencer leurs
produits via ces distributeurs ;
- le commerce indépendant
associé (chaînes volontaires, coopératives d'achat,
franchise) caractérisé par le regroupement de commerçants
détaillants indépendants en réseaux afin de demeurer
concurrentiels et de maintenir leur part de marché face aux grandes
chaînes. Ces réseaux gèrent collectivement tout ou partie de
leurs achats - augmentant ainsi leur puissance d'achat individuelle - ainsi que
parfois d'autres services comme la publicité collective et les
études de marché. Ces commerces combinent la flexibilité,
l'adaptabilité et le service personnel des petits magasins tout en
offrant l'avantage d'une logistique efficace, propre aux structures
plus importantes ;
- le commerce indépendant non
associé dans lequel le commerçant assume seul la
responsabilité de ses achats. Le petit commerce indépendant est
encore la forme dominante de distribution à travers le monde. Cependant,
dans certains pays où l'appareil commercial est plus moderne, leur
importance s'est quelque peu amoindrie au profit des formes organisées,
associées ou intégrées de distribution. Il est, par
exemple, plus important en Europe du sud (Espagne, Italie, Portugal) qu'en
Europe du Nord (France, Allemagne, Royaume-Uni). Pour faire face à la
concurrence des nouvelles formes d'organisation commerciale, les
commerçants indépendants ont dû adopter certaines
stratégies comme l'hyper-spécialisation de leur assortiment, le
service à la clientèle (heures d'ouverture, livraisons à
domicile, ...), l'intégration dans les centres commerciaux, ...
L'importance du commerce indépendant non associé est un bon
critère pour évaluer le degré de modernité de
l'appareil commercial d'un pays !
Lors de la phase d'étude de marché,
l'exportateur doit analyser la structure de distribution de détail
du pays étranger afin de pouvoir choisir le type de commerce le plus
adapté. Pour ce faire, il estimera :
- le nombre total de magasins ;
- le degré de concentration de la
distribution (nombre de points de vente par habitant). La Grande-Bretagne,
par exemple, présente 1 point de vente alimentaire pour 1000 habitants,
contre 1 pour 250 habitants au Japon. De façon générale, on
assiste à une concentration du commerce de détail
c'est-à-dire qu'une proportion toujours croissante du marché
de la consommation est dominée par un nombre de plus en plus restreint
d'entreprises de distribution. Cela implique un renforcement du pouvoir
de négociation des grands distributeurs face aux fabricants qui se
manifeste notamment au niveau de la composition de leur assortiment de produit,
de la fixation des prix et du développement des marques privées
;
- le degré de modernité de
l'appareil commercial c'est-à-dire l'importance des nouvelles formes
de distribution à côté des commerces indépendants
traditionnels ;
- l'importance respective de chaque type de
commerce. Tous les types de points de vente ne sont pas
représentés de la même façon dans chaque pays. Ainsi,
par exemple, les magasins à succursale (Casino, Aldi, Sainsbury) sont
fort présents en Allemagne et en Grande-Bretagne. Les
sociétés de vente par correspondance, globalement en croissance,
sont surtout développées aux Etats-Unis (près de 10% du CA
du commerce de détail) ainsi qu'en Allemagne ;
- les facteurs économiques et
socioculturels qui conditionnent cette structure. Une population plus
âgée implique, par exemple, de mettre l'accent sur des
services de proximité offrant un accueil personnalisé et
permettant de concentrer les achats en un seul lieu. La disponibilité
de voitures et d'appareils électroménagers influence le
comportement d'achat des consommateurs. En effet, la motorisation accrue
est un des facteurs essentiels expliquant la prolifération des
hypermarchés et des centres commerciaux en périphérie,
puisque la population devient plus mobile et moins dépendante des
transports en commun. La disponibilité d'appareils
électroménagers comme les réfrigérateurs et les
congélateurs en rendant possible le conditionnement des aliments
permettent de réduire la fréquence des achats. Le type
d'urbanisation a également une influence sur la structure de
distribution. De plus en plus on assiste à l'exurbanisation des
consommateurs c'est-à-dire qu'ils résident en dehors des
hypercentres. Ce faisant, ils hésitent de plus en plus à
réaliser leurs achats dans les centres villes. Nombre d'entre eux
estiment qu'il est difficile de trouver des zones de stationnement, que la
ville est sale et de surcroît dangereuse. Il est vrai que la concurrence
des hypermarchés et des centres commerciaux de la
périphérie est sévère : ils offrent un parking
spacieux à leur clientèle, un sentiment de sécurité
ainsi qu'un large assortiment. Il faut également tenir compte des
horaires de travail, de la taille des familles, de l'importance
du travail féminin, ...
Nombre de points de vente
L'entreprise a le choix entre définir une
politique de distribution intensive, sélective ou exclusive
:
- distribution intensive. L'entreprise ne
met pas en oeuvre un processus de sélection des points de vente :
elle accepte tous les détaillants qui souhaitent commercialiser son
produit ;
- distribution sélective.
L'entreprise sélectionne un nombre limité de points de vente qui
correspondent à certains critères qu'elle s'est fixés en
terme de localisation, d'assortiment ou d'image. Il peut être
nécessaire de limiter le nombre de détaillants, sur leur demande,
afin de les protéger de la concurrence et d'obtenir leur adhésion,
leur motivation ainsi que leur acceptation de certaines contraintes liées
à la commercialisation du produit (stocks, service aux clients,
publicité). Dans les pays où la répartition des revenus est
très inégale, l'entreprise pourrait utiliser un système de
distribution sélectif afin de cibler la catégorie de consommateurs
ayant un niveau de revenus adéquat. La distribution sélective peut
également être indiquée pour les biens de consommation
durables ou les produits industriels dont la demande est assez faible et
concentrée ;
- distribution exclusive. L'entreprise
accorde une exclusivité territoriale à un distributeur c'est-à-dire
qu'elle s'engage à ne livrer que ce distributeur sur la zone géographique
définie. Souvent, dans ce cas, l'exclusivité est réciproque,
le distributeur s'engageant à ne pas distribuer de produit concurrent.
L'exportateur fait appel à ce type de distribution lorsqu'il pénètre
le marché via un concessionnaire ou un
franchisé.