Les coûts
Coût de revient export |
Allocation des frais fixes | Escalade
des prix | Exemple
Les
coûts
variables directs
constituent le
prix
plancher
pour l'exportateur en-dessous duquel il ne peut descendre sous peine de
mettre en danger la rentabilité de ses opérations.
A
ces coûts variables directs, il convient d'ajouter un
amortissement
des frais fixes
.
Il existe pratiquement autant de méthodes d'allocation de ces
frais fixes qu'il existe d'experts en la matière. Pour
simplifier, nous distinguons trois grandes méthodes d'allocation :
En
appliquant ces différentes méthodes, l'exportateur devra choisir
les valeurs clés
à prendre en considération dans le calcul.
Méthode des coûts
complets 
La
méthode des coûts complets
intègre
dans le calcul du prix de revient l'imputation des coûts fixes
indirects
au prorata du poids des nouveaux marchés d'exportation par rapport
à l'ensemble du volume de production de l'entreprise.
Cette
approche met sur le même pied, les marchés traditionnels de
l'entreprise avec les nouveaux marchés à
l'exportation. Elle occasionne de ce fait une réduction des prix
de revient sur les marchés nationaux. Cette méthode minimise les
risques de sous-estimation des coûts fixes à imputer dans
l'établissement des prix de revient. Toutefois elle
présente le désavantage d'handicaper la
compétitivité des produits sur les marchés à
l'export en ce sens qu'ils doivent supporter à la fois une
partie des charges indirectes de l'entreprise et la totalité des
investissements fixes souvent rendus nécessaires pour
pénétrer de nouveaux marchés.
Méthode des coûts
directs 
La
méthode des coûts directs consiste à ajouter aux
coûts variables directs, les coûts fixes directs de production
à savoir l'imputation des investissements de production nouveaux
liés à de nouveaux marchés (exemple : de nouveaux
moules pour les pralines chocolatées).
Cette
méthode n'intègre dans le calcul du prix de revient que les
charges additionnelles
directement
liées aux marchés à l'exportation. En particulier,
elle
exclut du calcul les coûts fixes indirects de production et les autres
coûts fixes indirects tels les frais généraux et les frais
de direction générale de l'entreprise
.
De
ce fait, elle consiste en réalité à faire supporter le
poids de la structure fixe de l'entreprise sur les marchés
initiaux (donc surtout le marché national) de manière à
alléger le prix de revient et, ce faisant, faciliter la
pénétration de nouveaux marchés.
Le
risque de cette méthode est évidemment de sous-évaluer les
charges fixes indirectes qui peuvent être liées à
l'augmentation d'activités sur de nouveaux marchés.
Cette sous-estimation pourrait amener l'entreprise à construire
une stratégie prix sur une base erronée et à mettre en
péril la santé financière de l'entreprise.
Méthode empirique 
La méthode empirique, souvent pratiquée
par les PME, consiste à ajouter au prix de revient du marché national
(dans lesquels sont déjà intégrés les coûts
variables de production liés à l'activité sur les marchés
étrangers ainsi que les coûts fixes indirects) les coûts de
commercialisation export (fixes et variables) ainsi que les éventuels coûts
fixes directs de production liés à l'export. Si elle s'avère
très simple de mise en oeuvre, cette approche conduit souvent à
une surestimation des prix de revient qui peut handicaper fortement la pénétration
des marchés internationaux. En effet, elle repose sur au moins deux erreurs
d'appréciation :
- elle
garde le même montant absolu des coûts fixes indirects
imputés par produit fabriqué alors que le volume additionnel
généré par les nouveaux marchés à
l'exportation contribue à diminuer ce montant par le jeu des
économies d'échelle ;
- elle
intègre dans le calcul les coûts fixes de commercialisation du
marché national alors que ces charges ne sont en aucune manière
utiles à l'activité internationale et devraient de ce fait
être intégralement amortis sur l'activité nationale.
Le choix de valeurs clés
dans le calcul 
Quelle
que soit la méthode retenue, se pose le choix du volume de production
pris en considération pour amortir les coûts fixes, qu'ils
soient directs ou indirects. De même, la durée
d'amortissement des investissements (ex : frais de prospection) aura
un impact important sur la structure de prix de revient à l'export.
1.
Volume de production
Au
niveau du volume de production, l'on peut tantôt considérer
un volume de vente budgétée pour l'année de
lancement (donc souvent de faibles volumes) tantôt le volume de vente
escompté lorsque l'activité atteindra sa vitesse de
croisière sur le marché d'exportation visé (donc
souvent plusieurs années plus tard). Entre ces deux extrêmes, il
existe évidemment de la place pour de très nombreuses variantes.
Selon
que l'entreprise adopte une approche prudente ou agressive de ses
marchés, elle optera pour des volumes correspondant tantôt
à sa phase d'introduction, tantôt à sa phase de
maturité.
2.
Durée d'amortissement
Au
niveau de la durée d'amortissement, les extrêmes peuvent
consister à d'une part amortir l'ensemble des coûts
sur l'année de lancement considérant que le risque est trop
important pour allonger la durée d'amortissement et d'autre
part, porter la durée sur 10 ans considérant que la
pénétration d'un nouveau marché constitue un
investissement à long terme.
Le choix entre ces durées plus ou moins longues
dépendra notamment de l'approche prudente ou, a contrario, agressive adoptée
par l'entreprise sur ses marchés d'exportation.