Les coûts
Coût de revient export | Allocation des frais fixes | Escalade des prix | Exemple

Le coût de revient export est la somme des coûts directs (variables et fixes) qui découlent de la production et de la commercialisation d'un produit sur des marchés étrangers.

Pour calculer ce coût de revient export, l'entreprise doit ajouter aux coûts directs de fabrication locaux un ensemble de surcoûts à l'export , directs ou indirects, parmi lesquels :
Cette partie aborde les points suivants :


Tableau récapitulatif

Le tableau ci-dessous contient une liste des coûts à prendre en considération pour calculer votre coût de revient export. Il va de soi que tous ces frais n'interviennent pas forcément dans toutes les opérations d'exportation et que, en fonction de l'approche retenue, certains coûts pourraient ne pas être pris en considération.


COUTS VARIABLES DE PRODUCTION
Approvisionnements et matières premières
Consommables
Emballages
Personnel de production Ces coûts sont parfois considérés comme semi-variables dans la mesure où ils varient par sauts et qu'ils sont souvent plus flexibles à la hausse qu'à la baisse.
Adaptations rendues nécessaires à l'export
+ COUTS FIXES DIRECTS DE PRODUCTION
Acquisition de nouveaux équipements ou machines
Coûts de développement rendus nécessaires à l'export
+ COUTS VARIABLES DE COMMERCIALISATION
Commission des agents
Transport, assurances et couverture de risque de change
Taxes et frais de douane
+ COUTS FIXES DE COMMERCIALISATION
Personnel commercial à l'exportation
Frais de marketing
Frais de prospection et d'étude de marché
= COUT DE REVIENT DIRECT
+ COUTS FIXES INDIRECTS DE PRODUCTION
Machines et équipements existants
Personnel de maîtrise
+ COUTS FIXES INDIRECTS GENERAUX
Frais généraux de l'entreprise
Personnel dirigeant
Frais financiers
= COUT DE REVIENT TOTAL



Coûts de production

Par rapport à un produit destiné au marché national, l'entreprise doit prendre en compte dans son calcul du coût de revient la réduction du coût d'achat des matières premières lorsqu'elle bénéficie d'un régime de perfectionnement actif.

Il faut également inclure dans le calcul du prix du produit export, les frais d'adaptation du produit au marché étranger qu'ils soient techniques (pour répondre aux standards et normes techniques, aux systèmes électriques, aux législations locales) ou commerciaux (pour répondre aux préférences et goûts des consommateurs locaux) qui accroissent le coût de produits exportés. Ces frais d'adaptation étant assimilables à des investissements peuvent être amortis, sur base de la durée d'usage et des ventes prévisionnelles attendues. En raison des risques associés à la vente à l'étranger, la période d'amortissement peut être plus courte que la durée d'usage (la moitié, voire le tiers).

Dans certains cas, plus rares, l'exportation permet de réaliser certaines économies de coûts variables, notamment lorsque les marchés prospectés incorporent des ingrédients différents (et moins coûteux) que les produits vendus sur le marché national ou lorsque les quantités accrues permettent de négocier de meilleurs prix auprès des fournisseurs.



Coûts de commercialisation

Les principaux coûts variables de commercialisation concernent les commissions octroyées aux agents et à certains intermédiaires ainsi que les frais logistiques. L'entreprise doit intégrer dans l'estimation du coût de revient export du produit certaines dépenses de logistique dont l'étendue dépendra notamment de l' incoterm retenu, de l'accessibilité géographique ainsi que de l'infrastructure du marché de destination.

Au niveau des frais fixes, l'ensemble des charges associées au fonctionnement du service export doivent être intégrées au coût de revient du produit. L'entreprise affectera les charges liées à ce service export entre les différents produits qu'elle exporte ou entre ses marchés d'exportation sur base réelle (ex : frais de mission), si la comptabilité permet une affectation directe, ou au prorata du chiffre d'affaires export réalisé par chacun.

Les frais fixes de marketing et de commercialisation proviennent de la mise en place d'un réseau de commercialisation destiné à faire connaître et vendre les produits sur le marché-cible. Les dépenses de publicité et de promotion des ventes peuvent être affectées directement à chaque produit tandis que les frais de distribution et de service après-vente sont communs à tous les produits de l'entreprise sur le marché export. Ces derniers seront répartis sur base du volume de ventes prévisionnelles pour chacun des produits.

Les frais de prospection des marchés sont assimilés à des investissements et doivent, à ce titre, être amortis. L'amortissement des frais de prospection sur base des ventes qui en résulteront n'est pas une technique forcément adaptée dans la mesure où il n'y aura pas forcément de ventes sur le marché prospecté. Par ailleurs, cette technique pénalise la pénétration d'un nouveau marché en alourdissant le prix de vente et engendre des écarts de prix entre les nouveaux et les anciens marchés, les premiers supportant seuls le poids des amortissements de la prospection. Il est donc préférable d'imputer globalement ces coûts hors production au coût de revient du produit soit en appliquant une clé de répartition (par exemple : le temps passé, le coût de production, ...) pour ventiler ces frais généraux entre les produits export, soit en ajoutant au coût de production une marge qui représente la contribution du produit à la couverture de ces frais généraux.