Le marché
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Environnement économique et réglementaire | Données géographiques

Les politiques économiques poursuivies par les gouvernements des pays importateurs et les législations qui en découlent peuvent varier énormément d'un pays à l'autre. Or, elles pèsent sur la stratégie de fixation des prix des exportateurs et limitent leur liberté en la matière. En bon exportateur, vous devez donc tenir compte des différents domaines d'action du gouvernement du marché que vous visez :



Politique douanière

La politique douanière mise en place par les nations peut poursuivre différents objectifs.

Via leur taxation douanière, les nations cherchent notamment à équilibrer leurs échanges et à obtenir une balance commerciale positive. Les pays essaient de promouvoir leurs exportations et de freiner plus ou moins fortement leurs importations selon leur degré d'ouverture et leur richesse nationale. Les importations seront par exemple freinées dans les secteurs sensibles au niveau de l'emploi. La politique douanière de l'Union Européenne, à ce titre, vise à promouvoir les exportations de certaines catégories de produits (au travers de la politique agricole commune, par exemple) ou les échanges avec certaines régions de monde au travers des Accords de Libre Echange.

Les droits de douane et taxes d'importation appliqués dans un marché étranger ont une influence directe sur le prix de vente final du produit car ils viennent s'ajouter au coût du produit export au point d'entrée sur ce marché. C'est ce que l'on appelle le " prix rendu dédouané ". A ce prix doivent encore s'ajouter les taxes locales à la consommation ainsi que les marges des distributeurs locaux. En fonction du niveau du "prix rendu dédouané", l'exportateur peut apprécier s'il dispose d'une marge de manoeuvre suffisante par rapport au prix de vente moyen du produit sur le marché pour dégager une marge commerciale.

Par ailleurs, les Etats peuvent également utiliser leur politique douanière afin d'exercer un contrôle direct des prix des produits importés. S'ils considèrent que les prix sont trop hauts ou trop bas, ils peuvent, par exemple, refuser à l'exportateur la licence d'importation.



La politique de consommation et la fiscalité

La politique de la consommation est régie par les taxes locales à la consommation (TVA et taxes diverses telles que taxes d'immatriculation, accises sur alcool). Celles-ci sont calculées sur le prix rendu dédouané après paiement des droits de douane et comptabilisation du post-acheminement.

Les taxes locales à la consommation alourdissent encore le prix de vente final du produit et influencent la consommation. Par ce biais, l'Etat peut agir indirectement sur la dynamique du marché et orienter la consommation. Par ailleurs, cette taxation lui offre des rentrées fiscales importantes.

Le poids de la taxation peut varier fortement d'un Etat à l'autre. Lorsque les écarts entre ces taux sont trop importants entre deux pays limitrophes, les consommateurs auront tendance à s'approvisionner directement dans le pays voisin ou via des distributeurs. Le risque alors de voir apparaître ce que l'on appelle des marchés gris ou parallèles est non négligeable.



La politique de contrôle des prix

Généralement, dans les grands pays industrialisés, la fixation des prix de vente est pratiquement libre pour la plupart des produits . Des exceptions existent pour certains produits qui constituent des monopoles étatiques (par exemple, les services postaux, les transports en commun, ...). Les Etats légifèrent également dans certains domaines liés à la tarification afin de garantir la protection des consommateurs (exemple : obligation d'informer sur les prix et sur les conditions de vente via l'affichage au point de vente). Ils luttent également contre la concurrence déloyale et plus particulièrement contre les abus de position dominante et les ententes qui aboutissent in fine à des hausses des prix.

Les gouvernements mettent parfois en place une politique de contrôle général des prix ou, plus fréquemment, un contrôle sélectif des prix de certains produits jugés plus sensibles ou plus stratégiques (médicaments, pain, produits pétroliers, ...). Ces mesures ont généralement pour objectifs de limiter les augmentations de prix et de combattre l' inflation galopante ainsi qu'un déficit commercial extérieur. Elles limitent évidemment la liberté des entreprises en matière de fixation des prix et plus particulièrement des exportateurs qui s'avèrent fort vulnérables car ils n'ont aucune influence sur le processus de décision gouvernementale.

Dans le cadre d'une politique de contrôle des prix, le gouvernement peut fixer des niveaux de prix maximum et minimum :

L'Union Européenne applique ce type de contrôle vis-à-vis des produits étrangers au travers de la Politique Agricole Commune, par exemple.

Les exportateurs peuvent contourner cette contrainte en évitant tout simplement de sélectionner les marchés sur lesquels les contrôles de prix sont trop rigides .



La législation antidumping

Le dumping consiste pour une entreprise exportatrice à vendre un produit sur un marché étranger à un prix inférieur à celui pratiqué sur son marché domestique ou à un prix inférieur à ses coûts de production sur le marché étranger.

La pratique du dumping peut être intentionnelle ou non :

La plupart des pays de l'OCDE ont mis au point des législations contre les pratiques déloyales de dumping de la part de concurrents étrangers qui perturbent les marchés et nuisent aux producteurs locaux. Ces législations tendent à pénaliser les importations vendues à des prix dumping.

Dans la plupart des pays, si le prix de l'exportateur est inférieur à son prix de vente domestique mais qu'il reste supérieur au prix du marché étranger, il n'y aura généralement pas de plainte de dumping.

Au-delà de leur but premier de protection des entreprises nationales, les lois antidumping constituent aussi, dans certains cas, un moyen de limiter la concurrence étrangère.



La politique salariale

Dans le cas du simple exportateur qui ne délocalise pas sa production à l'étranger, l'influence des politiques salariales en vigueur sur les marchés étrangers visés est moins prépondérante. Cependant, s'il est amené à franchir cette étape à long terme, il doit être conscient des répercussions que peuvent avoir cette contrainte sur sa structure de coûts et donc sur ses prix.

Les gouvernements peuvent en effet agir à travers leur politique salariale sur les coûts salariaux que les entreprises supportent dans la fabrication de leurs produits et qui sont répercutés dans les prix. Plus les coûts salariaux sont élevés, plus les produits et services fortement "laboristiques" Qui utilise un coefficient élevé de main d'oeuvre. sont chers.

Il arrive que des entreprises qui ne peuvent répercuter les hausses de salaires dans le prix final délocalisent une partie de leur production dans des marchés où le coût de la main d'oeuvre est moins élevé (c'est souvent le cas, par exemple, des producteurs de l'industrie électronique et vestimentaire) afin que leur prix reste compétitif.



L'inflation

L'inflation est un mouvement continu de hausse des niveaux de prix. Les entreprises exportatrices sont confrontées à la difficulté de gérer des taux d'inflation différents selon le marché.

Les effets négatifs induits par un environnement inflationniste sont multiples pour l'exportateur :

Face aux tendances inflationnistes sur ses marchés export, l'entreprise possède trois possibilités :

Dans un contexte inflationniste, l'entreprise doit sélectionner la méthode de comptabilisation des stocks , qui aura une influence importante dans l'évaluation du coût du produit final :



La politique monétaire

La plupart des économies de libre marché appliquent un régime de taux de change flottant librement avec une convertibilité totale de la monnaie. Les taux de change des monnaies officielles varient donc régulièrement en fonction des rapports de force qui existent entre elles.

L'exportateur doit tenir compte et si possible s'adapter à ces fluctuations des taux de change car elles affectent sa politique de prix à plus d'un titre :
Dans le cadre de cette section, nous nous intéressons exclusivement aux répercussions que peuvent avoir les fluctuations de taux de change sur le prix des produits exportés. Bien entendu, les entreprises qui importent des matières premières de l'étranger pour fabriquer leurs produits export doivent également intégrer dans leur calcul du prix l'effet des variations de taux de change sur le coût des matières importées. Cet aspect est abordé dans la section financière sur les taux de change.

Voyez comment la fluctuation des taux de change du dollar US a eu une influence sur la fixation des prix de l'entreprise Mac Valves.


1. Dévaluation de la monnaie étrangère par rapport à la monnaie de l'exportateur

La dévaluation de la devise locale du marché étranger par rapport à la devise nationale de l'exportateur correspond à la réduction de la valeur de la première par rapport à la seconde.

Dans un tel contexte, l'exportateur est confronté au dilemme suivant :


Le même raisonnement s'applique lorsque la devise nationale de l'exportateur est réévaluée par rapport à la devise du marché de destination.


2. Réévaluation de la monnaie étrangère par rapport à la monnaie de l'exportateur

La réévaluation de la devise du marché étranger visé par rapport à la devise nationale de l'exportateur correspond à l'augmentation de valeur de la première par rapport à la seconde.

Au niveau de l'exportateur, les effets possibles de cette réévaluation sont les suivants : Le même raisonnement s'applique lorsque il y a dévaluation de la devise nationale de l'exportateur par rapport à la devise du marché étranger.

Il existe des techniques qui visent à minimiser l'impact des variations de taux de change sur les activités et la rentabilité de l'entreprise.