Facteurs de décision
de la politique produit internationale
Facteurs internes | Nature
du produit | Cycle de vie du produit
|
Caractéristiques des consommateurs
| Concurrence | Législation
|
Niveau économique du marché
| Facteurs géographiques et climatiques
La nature du produit pèse
énormément sur les décisions relatives à la standardisation
ou à l'adaptation de l'offre produit. En effet, certains produits, de
par leur nature, exigent des adaptations importantes. D'autres ne demandent
que des adaptations partielles. D'autres encore gagnent à rester inchangés.
Il existe plusieurs classifications de produits développées pour
les marchés domestiques mais qui sont également valables sur les
marchés internationaux.
Par exemple, il est possible de classer les produits selon le
type de
besoin satisfait :
- les produits qui satisfont
les besoins primaires et qui sont nécessaires à la vie
humaine. Ce sont, par exemple : la nourriture, les vêtements, le logement,
... ;
- les produits qui satisfont
les besoins secondaires, nécessaires à la vie en collectivité
comme les communications, l'urbanisme, les services de restauration, ... ;
- les produits qui satisfont
les besoins de luxe, non nécessaires ni à la vie, ni à
la collectivité (exemple : parfums).
L'exportateur doit prendre conscience que ces trois types de besoin exigent une
approche différente selon le pays visé car ce qui est considéré
comme un produit « primaire ou secondaire » sur un marché peut
être considéré comme produit de « luxe » dans un
autre pays, notamment dans les pays plus pauvres ! Ce sera souvent le cas des
produits agroalimentaires. En effet, plus le revenu d'une population diminue,
moins les besoins secondaires et de luxe deviennent prépondérants.
Il existe également une autre classification que nous détaillerons
plus avant et qui distingue les 3 catégories suivantes de produits :
Les biens industriels 
Parmi les biens industriels et d'équipement destinés à des
entreprises, on range notamment :
- les biens d'équipement
légers (machines-outils, unités de stockage, unités
de manutention, matériels de bureau, bulldozers, ordinateurs, ...) ;
- les biens d'équipement
lourds, matériels indépendants (avion, centre d'usinage...)
ou unités complètes de production (chaîne de fabrication,
usines clés en main, ensembles industriels) ;
- les matières
premières et les produits de base comme les ressources naturelles
(acier, pétrole, caoutchouc, ...) et les produits non transformés chimiques
et sidérurgiques ;
- les pièces
détachées et les composants. On y regroupe tous les produits
qui entrent directement sans transformation dans la fabrication du produit
fini (petits moteurs électriques pour l'électroménager,
microprocesseurs et puces électroniques pour les ordinateurs, pneumatiques
de voitures, batteries, courroies, ...) ;
- les fournitures industrielles
qui regroupent l'ensemble des biens consommables nécessaires à
l'activité de l'entreprise et d'usage courant sans entrer dans la composition
des produits (produits d'entretien, lubrifiants, imprimés, papier,
huile, ampoules électriques, papier, fourniture de bureau, ...) ;
- les équipements
accessoires (appareillage de branchement et d'alimentation, ...) ;
- ...
Les produits industriels
sont généralement moins sensibles aux aspects culturels que les
biens de grande consommation et n'influencent pas directement le niveau de bien-être
des consommateurs. De ce fait, ils ont tendance à être standardisés
sur les marchés internationaux. Il arrive cependant que les produits
industriels fassent l'objet d'adaptations mineures, imposées par
des standards nationaux spécifiques (par exemple : le voltage électrique),
des réglementations locales, ou encore des conditions d'utilisation différentes
(exemple : les produits seront simplifiés dans les pays où le niveau
technique et les capacités d'entretien sont moindres).
Les biens de consommation 
Les biens de consommation sont destinés aux consommateurs particuliers.
Ils peuvent être classés notamment en fonction de leur durée
de vie :
- biens non durables
(cosmétiques, carburants, papeterie, café instantané,
...) ;
- biens durables
(ameublement, décoration, livres, jouets, vêtements, produits
de luxe, ...) ;
- biens de consommation
durable techniques (automobiles, électroménager, télévision,
informatique, ...) ;
- produits alimentaires
;
- ...
De façon
générale, les biens de consommation et, plus particulièrement
les biens de consommation non durables, les produits alimentaires et les biens
à usage personnel (habillement, cosmétiques...), sont fortement
sensibles aux différences culturelles, aux habitudes et aux goûts
personnels et donc sujets à des adaptations sur les marchés étrangers.
Certains biens de consommation durables (exemples : TV, voitures, électroménager,
...), par opposition aux produits non durables, peuvent être plus facilement
standardisés. Cependant, même si ceux-ci sont moins soumis aux modifications
dues à l'environnement culturel, ils peuvent nécessiter des adaptations
pour d'autres raisons, liées à la législation, au climat
ou aux standards techniques locaux (prises électriques, ...), par exemple
!
Les services 
Les activités de service sont très diversifiées et occupent
une place importante dans les échanges commerciaux. Dans plusieurs pays
industrialisés, le secteur tertiaire contribue déjà à
plus de 50 % du produit intérieur brut cette part est destinée encore
à croître à l'avenir.
Les services viennent souvent compléter
l'offre de produit mais peuvent également être offerts indépendamment
de celui-ci. Il constitue dans ce cas l'activité et l'offre principales
de l'entreprise. Comme pour les biens matériels, les services peuvent
entrer en compétition les uns avec les autres. On constate d'ailleurs dans
ce domaine que la concurrence internationale dans le secteur des services ne fait
que s'intensifier de par le nombre croissant de pays qui y investissent.
Il existe de nombreux services qui possèdent un potentiel intéressant
au niveau international . Grâce notamment aux progrès réalisés
dans les nouvelles technologies de l'information et de la communication (vidéoconférences,
Internet, téléphone, ...), les barrières et distances géographiques
traditionnelles sont balayées permettant d'offrir ces services à
moindre coût depuis n'importe quel endroit dans le monde :
- les services financiers
et bancaires ;
- les services d'assurance
(souscriptions, garanties, évaluation des risques, ...) ;
- la consultance. Les
conseils dans les domaines suivants sont promis à un bel avenir au
niveau international : le transport, la logistique, la gestion environnementale
(produits, contrôle de la pollution, ...), les conseils juridiques et
comptables ;
- les services de communication
(services bancaires téléphoniques, téléachat,
...) ;
- la construction
;
- le design ;
- l'ingénierie
(mécanique, par exemple) ;
- la traduction
;
- le transport
;
- le tourisme ;
- ...
Par rapport aux produits, les services tendent à être plus intangibles,
hétérogènes, périssables, adaptés aux besoins
spécifiques des consommateurs. Ces spécificités ont plus
d'impact au niveau international que domestique .
Les services sont souvent intangibles. Etant immatériels, les consommateurs
ne peuvent ni les voir, ni les toucher, ni les posséder. Ils ont donc plus
de difficultés pour évaluer et comparer leur qualité que
dans le cas de biens. D'ailleurs, leur niveau de qualité ne peut être
apprécié qu'une fois le service presté. Cette immatérialité
entraîne aussi des difficultés de financement. Les banques hésitent
davantage à financer des services internationaux dont la valeur est plus
délicate à évaluer et la performance moins facilement contrôlable.
Les services sont très périssables.
Lorsque ils ne sont pas
utilisés, ils ne peuvent être stockés pour faire face à
des niveaux plus élevés de demande. Par exemple, un siège
vide dans un avion est un siège perdu à jamais, la compagnie ne
sait pas le stocker pour un vol ultérieur. Cela implique pour l'entreprise
qu'elle se montre plus flexible et réactive face aux fluctuations de la
demande mais aussi qu'elle utilise des formes de distribution plus appropriées
(une distribution directe avec des réseaux courts et plus rapides).
La production d'un service est souvent très proche voire simultanée
à sa consommation. Ceci implique souvent une forte interaction
entre le prestataire et le consommateur ainsi qu'une forte implication du
consommateur dans la production du service, avec comme conséquences
que :
- les services sont hétérogènes
c'est-à-dire qu'ils ne sont pas uniformes d'une prestation à
l'autre. L'intervention humaine dans la production du service, à la
fois celle du prestataire et celle du consommateur, étant prépondérante,
des erreurs et influences personnelles imprévisibles peuvent affecter
la qualité du service d'une prestation à l'autre. Au niveau
international, la qualité des services est d'autant plus difficile
à contrôler qu'interviennent des différences d'utilisation,
d'attentes et de législations nationales. La réputation
de l'entreprise est en jeu, elle doit donc essayer de maintenir un niveau
constant de qualité élevée ;
- l'entreprise doit avoir
une connaissance parfaite des caractéristiques culturelles
et des besoins de la clientèle visée. Les services étant
directement délivrés aux consommateurs, ils sont plus sensibles
à la dimension culturelle que les produits et doivent être faits
sur-mesure. L'entreprise ne peut donc que difficilement standardiser
son offre de service. Malgré cela, il faut garantir une certaine
cohérence au niveau du service, assez difficile à maintenir
sur le long terme ;
- l'interface avec le client
étant intense, le rôle du personnel de contact est prépondérant
dans la prestation de service internationale. En effet, la plupart du temps,
c'est la personne qui délivre le service, qui communique l'esprit et
les valeurs de l'entreprise plutôt que le service lui-même. L'entreprise
doit donc veiller à l'image du personnel ainsi qu'à sa capacité
de prester le service et de gérer la relation avec le client. Dans
cette optique, elle doit mettre en place des politiques de recrutement, de
formation, d'encadrement et de contrôle appropriées qui lui permettent
de responsabiliser son personnel.