Méthodes
de gestion du portefeuille d'activités de l'entreprise
Parmi les différents
modèles d'analyse de portefeuille d'activités proposés,
nous présenterons deux modèles qui sont parmi les plus couramment
utilisés :
Ces deux modèles permettent de représenter les produits de l'entreprise
sur une matrice grâce à l'utilisation de deux dimensions, à
savoir l' attrait du marché et la position de l'entreprise sur
ce marché par rapport à la concurrence . Les deux modèles
se distinguent par le choix des critères employés pour mesurer ces
deux dimensions !
Les matrices d'analyse
stratégique BCG et Mc Kinsey sont des outils conçus
à l'origine pour gérer le portefeuille d'activités
de l'entreprise mais elles peuvent également être utilisées
pour l'analyse d'un portefeuille de « marchés
- pays »
afin d'identifier les marchés d'exportation les plus attractifs pour
l'entreprise.
La matrice BCG 
L'analyse de portefeuille BCG se concentre sur deux séries de critères
:
- l'attrait du marché
est mesuré par le taux de croissance du marché. Le taux
de croissance du marché indique le taux d'augmentation des ventes globales
sur le marché. Plus le potentiel de croissance d'un marché est
élevé, plus l'entreprise a de chances de réaliser des
économies d'échelle et de trouver sa place
- la position de l'entreprise
sur le marché est mesurée par sa part de marché relative
pour chacune de ses activités par rapport au principal concurrent.
La part de marché relative est le ratio entre les ventes de l'entreprise
et les ventes du principal concurrent.
Dans cette analyse du portefeuille produit, chaque produit du portefeuille
de l'entreprise est représenté graphiquement par un cercle sur
la matrice, la surface du cercle étant proportionnelle au volume des ventes
du produit.
La position du cercle dans la matrice est déterminée par l'abscisse
et l'ordonnée du centre du cercle. L'abscisse correspond à la part
de marché relative et l'ordonnée correspond au taux de croissance
du secteur d'activité. Grâce à la matrice, il est possible
d'avoir une vue d'ensemble des produits et des activités de l'entreprise
par rapport aux critères retenus .
Selon sa position dans
la matrice, votre produit peut appartenir à l'une des catégories
suivantes auxquelles correspondent une ou plusieurs options stratégiques
:
- un produit étoile
ou vedette (fort taux de croissance et part de marché élevée)
est un produit prometteur pour l'entreprise. Un tel produit contribue à
sa rentabilité et génère des bénéfices.
L'entreprise doit donc se concentrer sur ce produit et le développer
en y investissant afin de maintenir sa position de leader. Les produits vedettes
sont amenés à devenir progressivement des vaches à lait
- un produit dilemme (fort
taux de croissance et part de marché faible) est souvent peu commercialement
rentable et ne génère pas de bénéfices à
moins que l'entreprise décide d'y investir pour maintenir voire accroître
ses parts de marché (ils deviennent alors des vedettes potentielles).
L'entreprise a donc le choix entre investir dans ce produit ou l'abandonner
- les vaches à lait
sont des produits en phase de maturité qui génèrent des
profits intéressants et des liquidités mais qui doivent être
remplacés dans un avenir plus ou moins proche. Il faut donc les rentabiliser
car ils permettent de financer d'autres activités (notamment les vedettes
et les dilemmes)
- les poids morts qui ne
génèrent que de faibles bénéfices sur un marché
déclinant et très concurrentiel doivent souvent être abandonnés
ou être maintenus sans investissement (lorsqu'ils peuvent encore contribuer
à la couverture des frais fixes).
L'assortiment de
produits est donc à développer pour les produits étoiles
et les produits dilemmes !
Cette matrice est intéressante car :
- elle est simple
d'utilisation
- elle permet de visualiser
clairement la position de l'entreprise sur le marché
- elle constitue un outil
d'aide à la décision , en fonction du diagnostic propre
de l'entreprise.
Cependant, ce modèle ne prend pas en compte un certain nombre de facteurs
propres au contexte de l'exportation : notamment les coûts d'entrée
sur les marchés (coût du transport, coût d'adaptation
des produit, taux d'inflation, taux de change, ...) qui peuvent influencer la
position concurrentielle des entreprises en agissant à la hausse sur leurs
prix de vente et la dimension du risque (politique, financier, commercial)
qui augmente dans le contexte des opérations internationales. Par ailleurs,
il faut se méfier des conclusions trop radicales qu'il pourrait
induire (par exemple : abandonner un poids mort). Enfin, cet outil n'est pas
opérant lorsqu'il s'agit d'analyser une part de marché relative
lorsque l'entreprise n'est pas encore présente sur le marché
d'exportation .
La matrice Mac Kinsey 
Ce modèle situe les produits d'une entreprise sur une matrice à
neuf cellules dont les deux dimensions - attrait du marché et position
concurrentielle - sont constituées de critères composites :
- l'attrait du marché
par rapport aux différents produits de l'entreprise est mesuré
par un indicateur composite fondé sur une liste de critères
propres à chaque entreprise (par exemple : taille et taux de croissance
du marché, fluctuations saisonnières, intensité de la
concurrence, barrières tarifaires et non tarifaires, restrictions sur
les importations, contrôle des prix, stabilité économique
et politique, climat social, accessibilité du marché, bureaucratie,
inflation, ...). Chacun de ces critères est évalué sur
une échelle de notation (du type de l'échelle de Likert qui
attribue une note de 1 à 5) et ensuite pondéré en fonction
de son importance respective. L'indicateur global de l'attrait du marché
pour chaque produit correspond à la somme pondérée des
cotes de l'ensemble de ces critères
- la position concurrentielle
de l'entreprise sur ce marché pour ses différents produits
est également appréciée par un indicateur composite
mesuré, par exemple, à partir de la part de marché
de l'entreprise, l'importance de ses ressources financières, technologiques
et humaines, le niveau et les garanties de qualité, l'originalité
du produit, l'image et la réputation du produit, l'adaptation du produit
aux besoins locaux, le niveau de service offert, ... Chacun de ces critères
est évalué sur une échelle de notation (du type de l'échelle
de Likert qui attribue une note de 1 à 5) et ensuite pondéré
en fonction de son importance respective. L'indicateur global de la position
concurrentielle de l'entreprise pour chaque produit correspond à la
moyenne pondérée des cotes de l'ensemble de ces critères.
Cette
matrice permet de mettre en lumière l'adaptation des produits d'une
entreprise à un marché donné et l'avantage qu'ils représentent
par rapport à ce pays .
Sur base des résultats obtenus pour ces deux critères composites,
les produits de l'entreprise sont positionnés dans l'une des 9 cellules
de la matrice auxquelles correspondent différentes options stratégiques
et d'investissement. Les activités actuelles de l'entreprise sont représentées
par des cercles de surface proportionnelle à leur chiffre d'affaires.
1 : Produits stratégiques dont l'attrait est important car l'entreprise
occupe une position dominante dans un marché en expansion pour ces produits.
L'entreprise doit concentrer ses efforts et investir (en capital humain,
en adaptations du produit, en publicité, ...) dans ces produits pour favoriser
la croissance et accroître encore ses compétences distinctives
2 : Produits tactiques qui sont moyennement attrayants.
Les parts de marché pour ces produits sont difficiles à maintenir
dans un marché fort concurrencé où l'entreprise occupe néanmoins
une bonne position. Pour ces produits, l'entreprise doit adopter une stratégie
de statu quo. Elle doit surveiller leur évolution et maintenir
les produits tant qu'ils sont rentables et qu'ils génèrent des liquidités
2' : Dans cette position, le choix stratégique est assez difficile
car le marché pour ce produit semble très attractif mais l'entreprise
ne dispose pas de la force concurrentielle nécessaire pour l'aborder -
peut-être parce qu'elle n'a pas le bon produit. L'entreprise peut soit désinvestir
si la croissance n'est pas durable ou renforcer sa position sur ces
marchés en remédiant à ses faiblesses et en se spécialisant
sur ses forces, pour autant, notamment, que ses ressources financières
le lui permettent.
3 : Produits "perdants" qui sont les moins attractifs car la part
de marché de l'entreprise sur ce marché en faible croissance est
également faible. L'entreprise doit réduire les investissements
et les coûts fixes et se concentrer sur la récolte des profits
à court terme jusqu'à ce qu'elle abandonne certaines
activités. Une exception à l'abandon peut se produire lorsque plusieurs
de ces marchés génèrent en combinaison un volume suffisant
pour l'activité export.
L'analyse Mc Kinsey
est intéressante mais n'est généralement pas à la
portée des PME ! En effet, l'identification des facteurs significatifs
pour chaque dimension composite et ensuite leur pondération, n'est pas
toujours chose aisée. Par ailleurs, cet outil exige la collecte d'un grand
nombre d'informations. Les recherches pour estimer l'attrait du marché
peuvent être relativement limitées. Par contre, l'évaluation
des forces de l'entreprise sur chaque marché suppose des recherches plus
approfondies ! L'analyse ne pourra donc être entreprise que sur un nombre
très limité de produits et de marchés !