Les litiges internationaux
Droit applicable | Tribunal compétent | Arbitrage |
Exécution des décisions judiciaires et arbitrales |
Choix du procédé de règlement
En
établissant leur contrat, les parties entendent organiser la poursuite
de concert de l'objectif économique qu'elles se sont
assigné. La réalisation de cet objectif économique peut
buter sur des difficultés. Tel est en particulier le cas lorsque les
contrats sont conclus pour une certaine durée : les accords
intervenus peuvent se révéler imprécis et requérir
clarification, ils peuvent être ébranlés par la survenance
de circonstances nouvelles ou les parties peuvent mal se comporter en cours de
route.
Il
convient de porter remède aux problèmes ainsi apparus. Mais avec
quels objectifs et par quels procédés?
Rationnellement
et en bonne foi, les parties devraient d'abord évaluer en commun
la situation et déterminer, de manière consensuelle, s'il
est possible et approprié économiquement de poursuivre le projet
initial sur des bases éventuellement ajustées. A défaut,
il conviendrait qu'elles fixent en commun la manière de
dénouer leurs relations de façon convenable, "en bons
termes". Dans la recherche de ce consensus, les parties peuvent
être éclairées sur le plan technique par un expert ou
épaulées par un médiateur, qui facilite leur
éventuel rapprochement.
Si
les parties ne sont pas en mesure de s'accorder, alors s'impose en
pratique le recours à un tiers, juge ou arbitre, présentant la
caractéristique de pouvoir trancher le différend, de
décider, avec l'autorité dont sa fonction l'investit.
La décision définitive que rend le juge ou l'arbitre a,
vis-à-vis des parties, l'autorité de la chose jugée
et ces parties sont tenues d'exécuter la décision intervenue.
On
le voit, la palette des procédés de règlement des diverses
situations (de l'interprétation en commun des contrats au
contentieux judiciaire) est large. A l'intérieur de cette palette,
l'expression "règlement
alternatif
des différends" (RAD) est souvent employée pour
désigner soit l'ensemble des procédés non
judiciaires de règlement, soit les procédés qui ne
comportent pas le recours à la décision d'un tiers,
qu'il soit arbitre ou juge.
La
pratique indique que pour un même différend il peut être
recouru successivement à plusieurs de ces procédés et que
des allées et venues entre ceux-ci ne sont pas rares au gré des
circonstances, des humeurs des parties, voire d'une perception plus
exacte des forces et faiblesses respectives de chacun. Ainsi est-il
fréquent qu'un règlement amiable entre parties ayant
échoué, celles-ci recourent à l'arbitrage, puis,
mieux éclairées par le déroulement de celui-ci,
décident de mettre un terme à leur différend par un accord
transactionnel.
La
qualité des contrats intervenus et leurs corrections dans leur
exécution constituent également des éléments
favorables à la réduction du nombre et de la difficulté
des litiges. Pareilles considérations devraient être fortement
présentes à l'esprit des négociateurs. Pour
l'entreprise la prévention des litiges et l'organisation
judicieuse de leur règlement, dont elle est largement maîtresse,
représentent un facteur significatif de rentabilité et parfois de
survie.
Ce
qui précède suggère qu'il n'y a pas de mode de
règlement des litiges qui,
en
soi,
présente
en toutes occasions une supériorité sur les autres. Tout
dépend des circonstances, et surtout de la volonté des parties.
Cette constatation doit aider à orienter la politique juridique de
l'entreprise dans le choix du procédé de règlement
des litiges et permettre aux négociateurs de faire, sur le terrain, les
choix individuels les mieux appropriés.