Le contrat de vente internationale
Convention de Vienne | Formation du contrat de vente | Forme et contenu du contrat
Le
principe de la liberté contractuelle permet aux parties de choisir
librement les termes de leur contrat de vente.
Cependant,
en recourant à cette voie, les parties s'exposent au risque
d'oublier une clause ou d'accorder des concessions sur des
éléments dont elles estiment mal l'importance, comme
le choix de la loi applicable.
La Convention de Vienne est un instrument juridique qui accorde des droits
équilibrés entre les deux parties et auquel il peut être
utile de faire référence pour éviter ces écueils.
L'objectif de cette section n'est pas de voir le texte de la
Convention de Vienne dans le détail. Néanmoins, le site des
Nations Unies vous en propose
le texte intégral
que nous vous invitons à consulter dans le cas où une
connaissance plus approfondie de cette matière vous intéresserait.
Les
apports de la Convention de Vienne

La
Convention de Vienne, élaborée sous l'égide des Nations-Unies,
définit des règles matérielles unifiées qui ont
trait à la vente internationale de marchandises. Signée en avril
1980, elle était approuvée en 2000 par plus de 30 pays
dont les Etats-Unis, la Chine, l'Italie, l'Allemagne, la France,
... Un seul grand absent se démarquait encore à cette date,
à savoir le Royaume-Uni.
L'apport
de la Convention de Vienne est indéniable. Elle permet d'assurer
aux échanges commerciaux une réglementation moderne,
adaptée aux exigences effectives de la pratique commerciale :
- elle
concerne le contrat de vente et s'applique donc directement aux
échanges internationaux;
- elle
a un caractère universel puisqu'elle a été
élaborée sous l'égide des Nations-Unies;
- elle
a adopté une méthode spécifique pour unifier le droit
relatif au commerce international. Habituellement, les parties choisissent ou
donnent les éléments permettant de rattacher le contrat à
un système juridique, alors que la convention de Vienne détermine
par son texte même des règles uniformes. La dite convention permet
donc aux entreprises d'avoir recours à un droit neutre ;
- elle
est constituée de règles puisées dans les
différentes législations nationales avec le souci du compromis.
Elle constitue de la sorte, comme le souligne la COFACE, une
" amorce d'un petit code de bon usage entre acheteurs et
vendeurs pour une meilleure pratique du commerce international ".
Le
champ d'application de la Convention de Vienne

1.
Sur quoi porte-t-elle ?
La
Convention de Vienne s'applique aux ventes internationales de
marchandises c'est-à-dire "entre deux parties ayant leur
établissement dans des Etats différents" (article 1).
L'article
2 exclut du champ d'application de la convention les ventes au
consommateur final. La convention ne doit donc s'appliquer qu'aux ventes entre
professionnels. En effet, pour ce qui est des ventes au consommateur, il existe
toute une série de règles de protection qui sont
impératives, dans les législations nationales. La Convention de
Vienne ne peut pas se substituer à ces règles, elle est donc
supplétive.
Bien
que la Convention s'applique aux contrats de ventes internationales, il
serait erroné de penser qu'elle règle toutes les questions
de la vente internationale. Elle réglemente exclusivement les
problèmes concernant la formation du contrat de vente (articles 14
à 24) et les droits et obligations que le contrat fait naître
entre le vendeur et l'acheteur (articles 31 à 84). Les autres
aspects tels que la validité du contrat, le transfert de
propriété sur les marchandises (article 4) et la
responsabilité du vendeur (article 5) sont réglés par les
lois nationales applicables. Sur ces points, les différences entre les
systèmes juridiques sont en effet très importantes. Il n'y a pas
eu d'uniformisation.
2.
Entre qui s'applique-t-elle ?
La
Convention de Vienne ne s'applique qu'aux ventes présentant
les caractéristiques suivantes :
- automatiquement
pour les contrats conclus entre deux parties liées par la Convention
c'est-à-dire dont les pays sont signataires;
- si
les parties émanent d'Etats non liés par la Convention et que les
parties ont désigné comme loi applicable celle d'un
état lié par la Convention de Vienne;
- lorsque
les parties à la vente ne sont pas liées par la convention et que
l'on peut déduire son application grâce aux règles du Droit
International Privé (voir à ce propos
la section consacrée au droit applicable).
Prenons
un exemple pour illustrer cette dernière possibilité. Si un
contrat est conclu entre un vendeur belge et un acheteur anglais, la convention
pourra-t-elle s'appliquer (rappel : le Royaume-Uni n'a pas
signé la Convention de Vienne) ? Oui, car les règles du DIP
mènent à l'application de la loi belge, état contractant.
En effet, les deux pays ont signé la Convention de La Haye qui consacre
le principe selon lequel la loi applicable est la loi du vendeur. Si le pays du
vendeur a signé la convention de Vienne, alors elle devra s'appliquer au
contrat en question.
3.
Comment s'applique-t-elle ?
L'article
6 consacre le principe de l'autonomie des volontés : les parties
peuvent, dans leur contrat, exclure l'application de la Convention de Vienne:
- soit
totalement;
- soit
partiellement : par exemple, si les parties font référence
à des
Incoterms.
Toutes les questions ainsi réglées ne seront plus régies
par la Convention de Vienne. Par ailleurs, des associations professionnelles
proposent des conditions générales-type et des contrats-type
prêts à l'emploi. Par la référence à ces
contrats-types, il est également possible de déroger à la
Convention de Vienne.
Les
caractéristiques de la convention de Vienne
- La souplesse :
les acteurs peuvent écarter totalement l'application de la
convention ou exclure certaines de ses dispositions pour choisir un autre
système juridique. La Convention de Vienne devient la règle de la
vente internationale conclue par une entreprise dont le pays a ratifié
la Convention dès que son application n'a pas été
écartée expressément.
- Le
pragmatisme :
afin de faciliter la compréhension du texte, les rédacteurs ont
évité l'usage de termes et concepts juridiques propres
à certains pays, pour utiliser des expressions suffisamment neutres et
compréhensibles pour des non spécialistes.
- La
neutralité :
l'application de la Convention de Vienne permet de choisir un droit
neutre, c'est-à-dire une réglementation qui n'est ni
celle du vendeur, ni celle de l'acheteur. Cet avantage est primordial.
Le choix entre le recours à la Convention de Vienne ou à un ordre
juridique national doit être fait selon l'étude comparative
des différents systèmes juridiques applicables, la Convention de
Vienne elle-même et la prise en compte des particularités de
l'opération commerciale.