Les litiges internationaux
Droit applicable | Tribunal compétent | Arbitrage |
Exécution des décisions judiciaires et arbitrales |
Choix du procédé de règlement
Si
votre client étranger, avec lequel vous êtes en conflit, est
condamné par votre juridiction nationale à vous verser des
dommages et intérêts mais ne s'exécute pas, vous
devrez probablement entamer une procédure de saisie à
l'étranger. Cette saisie pourra-t-elle avoir lieu sur base
d'un jugement rendu dans un autre pays ? Se pose ici le
problème de l'exécution des décisions de justice
à l'étranger. De plus, l'autorité de chose
jugée permet en droit interne de s'opposer à la
réitération d'un même procès ou d'une
même demande. Qu'en est-il à l'étranger ?
Le litige qui sépare les deux parties pourrait-il à nouveau
être jugé dans le pays du client ?
Deux
impératifs s'opposent. D'une part, dans un souci
d'économie de procédure et d'efficacité des
décisions de justice, celles-ci devraient automatiquement être
accueillies à l'étranger, que ce soit dans le cadre de
l'exécution forcée ou pour leur reconnaissance dans le
cadre de l'autorité de chose jugée. Mais d'autre
part, l'indépendance et la souveraineté des Etats
s'expriment dans leur volonté d'exercer un contrôle
pour éviter de donner effet sur leur territoire à des
décisions injustes ou inéquitables rendues à
l'étranger (N'oublions pas que différents
systèmes juridiques
existent).
Aussi,
chaque législateur national a sa réponse à la question et
l'accueil des décisions de justice rendues à
l'étranger est soumis à des contrôles plus ou moins
draconiens selon le pays où l'on essaye de se prévaloir de
la décision.
La
reconnaissance de jugement et l'exequatur

Lorsqu'il
s'agit d'invoquer l'autorité de chose jugée par
un jugement étranger, on parle de
reconnaissance
de jugement rendu à l'étranger
. Par exemple, lorsqu'il s'agit d'opérer une saisie sur base
d'un jugement rendu à l'étranger, une
formalité est généralement nécessaire, c'est
ce que l'on appelle
l'exequatur
des décisions rendues à l'étranger
.
En effet, pour pouvoir saisir sur base d'un jugement rendu à
l'étranger, il faut obtenir au préalable auprès
d'un juge du pays où l'on désire opérer la
saisie l'exequatur du jugement rendu à l'étranger.
De
même, toute décision d'arbitrage
devra automatiquement faire l'objet d'une demande d'exequatur
pour pouvoir être appliquée.
Ainsi, parfois, il est plus intéressant de porter dès le
départ le litige devant un tribunal du pays où l'on
exécutera le jugement. Ainsi, on évite les problèmes
liés à l'exequatur.
Les
conventions internationales

Des
traités sont parfois conclus entre pays en vue de faciliter la
reconnaissance et l'exequatur des décisions rendues dans les pays
parties au traité. Tel est le cas des Conventions de Bruxelles
(UE) et de Lugano
(pays AELE - Association Européenne de Libre-Echange - Islande, Norvège, Suisse et Lichtenstein.). L'idée qui sous-tend ces conventions est de
créer un espace judiciaire européen et, ainsi, de faciliter la
circulation des décisions de justice au sein de l'UE et de
l'AELE.
En
vertu de ces conventions, la procédure d'exequatur ne peut pas
déboucher sur un nouvel examen du fond du litige. Le juge requis dans le
cadre de la procédure d'exequatur ne peut pas
ré-apprécier les éléments de fait du litige
tranché dans un des pays parties à la Convention. En outre, les
cas dans lesquels un juge pourra refuser l'exequatur dans un autre pays
partie à la convention sont limitativement énumérés
(contrariété à l'ordre public de l'Etat,
violation des droits de la défense, ...).
De
même, les Nations-Unies ont mis au point en 1958 une
convention
pour la reconnaissance et l'exécution des sentences arbitrales
étrangères.