Les contrats internationaux
Période pré-contractuelle et lettres d'intention | Préambule | Clauses particulières


La liberté de contracter

En principe, les parties sont libres de signer ou non. La plupart des systèmes juridiques considèrent cette liberté de négociation comme un principe fondamental. Cependant, les pays admettent plus ou moins fortement que les partenaires doivent négocier de bonne foi.

Cela signifie qu'une partie ne peut pas : Dans les pays de " Common law ", le principe de la liberté y est davantage affirmé. Les abus flagrants (mensonges, divulgations d'informations confidentielles, ...) seront tout de même sanctionnés.

Par ailleurs, le principe est que l'on peut toujours se retirer de négociations. Toutefois, la rupture doit se faire dans des conditions " convenables ". Elle ne peut pas être abusive .

Une rupture est abusive lorsque : Dans les pays de " Common law ", les juges sont plus hésitants à sanctionner une rupture abusive des négociations que dans les pays de " Civil law ".



Les lettres d'intention et documents pré-contractuels

Lorsque les pourparlers, surtout dans le cadre du commerce international, sont appelés à durer un certain temps, ils sont souvent ponctués par divers documents tels que des lettres d'intention, des protocoles d'accord, des accords de principe, des " memorandum of understanding ", des procès verbaux dressés à la suite des différentes réunions, ...

Quelle valeur faut-il accorder à ces accords ? Dans quelle mesure les parties sont-elles liées par ces documents ?
Il est important d'être attentif à la rédaction de ces écrits car dans les pays dits de " civil law ", ils peuvent faciliter la preuve d'un manquement à l'obligation de négocier de bonne foi. En effet, les juges seront d'autant plus tentés de prouver qu'il y a eu faute en cas de remise en question ou de rupture des négociations, que les parties auront précisé par écrit le contenu progressif de leur accord.

Pour se protéger de cette interprétation, les parties peuvent marquer clairement qu'elles ne s'engagent pas encore en incluant une clause " subject to contract " dans l'accord. Ainsi le document est dépourvu de toute force juridique. Une autre manière de procéder est d'écrire à côté de la signature "Bon pour la lettre d'intention uniquement, sans engagement contractuel" . Cette notification permet de marquer clairement qu'il n'y a pas d'intention juridique.

Les juges de " Common law " seront beaucoup plus réticents à trouver dans une lettre d'intention la réelle volonté de contracter des parties, que les juges de " Civil law " pour qui l'échange des consentements qui fait naître le contrat peut être aussi bien écrit que verbal. De plus, il suffit que les parties se mettent d'accord sur les points essentiels du contrat (principalement l'objet, le prix et la quantité) pour que le contrat soit formé car le règlement des points de détail peut se faire, par référence à la loi, aux usages et à l'équité dans un système de code civil.

Quel est le sort des documents qui se rapportent aux points essentiels du contrat et qui ont été rédigés pendant les pourparlers, une fois le contrat final conclu ?

En cas de litige, ces documents peuvent aider à l'interprétation du contrat final, surtout dans les pays de " Civil law ". On se réfère à tous les documents préliminaires (échanges de courrier, lettres d'intention,...) pour chercher ce que les parties ont vraiment voulu dire, leur volonté réelle au-delà de celle qui est exprimée.

A nouveau, les parties peuvent se " protéger " face à une telle interprétation. Elles peuvent décider par une clause des " quatre coins " En anglais : "Entire agreement". que leur volonté tient tout entière dans le contrat qui a été signé. Dans ce cas, le juge ne peut pas consulter les négociations et les lettres échangées. Il doit impérativement s'en tenir au contrat.



Le cas particulier de l'offre

Le vendeur doit être très attentif aux offres qu'il émet. Il ne doit pas "lancer des offres en l'air" ou se raviser une fois que le partenaire a accepté. En effet, dans la majorité des droits, une offre suppose qu’il n’y a plus besoin que de l'acceptation pour que le contrat se forme. Il suffit donc que l'autre partie accepte l’offre, pour autant que celle-ci soit ferme et précise (contenant les éléments essentiels du contrat, à savoir l’objet, le prix et la quantité, sans réserve d’agrément) pour que le contrat soit conclu.

Quand une partie formule une offre, elle est liée par celle-ci et ne peut pas librement la retirer, du moins pas pendant un délai raisonnable.



Recommandations