Le risque juridique
Le
développement à l'international va amener l'entreprise à
signer des contrats : contrat de vente, de franchise, de cession de licence, de
distribution, de travail, etc. L'entreprise doit connaître la
législation de ses pays clients ou de ceux qui accueillent ses
investissements à l'étranger. La complexité réside
dans la diversité des politiques et des lois nationales. Bien que le
fait de comprendre entièrement le système politique et
légal d'un pays soit impossible, le bon manager en tiendra compte
et travaillera avec des personnes qui comprennent comment opérer dans un
tel système.
Mais
si les termes des lois varient en leurs termes selon les systèmes
juridiques et les pays, la manière de les appliquer aussi.
Par
exemple, les Etats Unis sont devenus une société de plus en plus
litigieuse où les institutions et les individus s'engagent
rapidement dans des procès. Cette tendance s'explique en partie
par le fait que les avocats américains ne sont payés que
s'il remporte le procès et selon un certain pourcentage des
indemnités que recevra la victime. Outre le fait que les batailles
juridiques sont courantes, elles sont souvent longues et coûteuses.
De
manière contrastée, la tradition japonaise tend à diminuer
le rôle de la loi et des avocats, qui sont d'ailleurs nettement
moins nombreux qu'aux Etats-Unis. Mais peu importe que ce nombre
réduit soit une cause ou un effet, la culture japonaise tend à
éviter les conflits devant les tribunaux. Une bataille juridique
signifie au Japon que les parties ont échoué dans leur compromis,
ce qui est contraire à la tradition japonaise et signifie que l'on
a perdu la face. Une prédisposition culturelle tend donc à
éviter les tribunaux et à utiliser d'autres voies pour
résoudre les conflits.
A
cet égard, il est particulièrement important de porter une
attention à la problématique de
la
responsabilité produit
.
La garantie de conformité oblige le vendeur à livrer une
marchandise qui corresponde aux spécifications de l'offre. Il ne
faut cependant pas confondre cette garantie avec la responsabilité du
fait des produits. Celle-ci concerne les " effets " du
produit et les dommages qu'il peut engendrer à cause de son niveau
de sécurité insuffisant. Une directive européenne
harmonise le régime de la responsabilité du fait des produits et
crée un système de responsabilité indépendant de la
notion de faute. Les américains sont particulièrement attentifs
à cette notion, eux qui se lancent si facilement dans des conflits
juridiques.
Enfin,
l'entreprise devra être attentive à vérifier qu'il
n'existe pas une réglementation supranationale à laquelle le pays
cible adhère d'office de par son appartenance à une
communauté économique internationale. En fait, l'entreprise qui
agit à l'international ne bénéficie pas d'un droit
international unifié, en raison de la souveraineté des Etats et
d'autre part, il n'existe pas de juridiction supranationale qui lui permette
d'évoluer dans un contexte juridique unique.
Se
prémunir contre les risques liés aux questions juridiques via une
assurance est souvent difficile. L'entreprise doit donc être
très attentive au fait qu'en exportant, elle augmente ce risque
qui peut lui être fatal. Elle veillera donc à ne pas
négliger cet aspect de la gestion en s'octroyant les services
d'avocats spécialisés en commerce international (en interne
ou en externe) et en agissant toujours de bonne foi. L'éthique et
la bonne conduite des affaires est sans doute l'un des meilleurs moyens
de protection !