Le droit commercial international
Sources du droit international | Lex Mercatoria | Systèmes juridiques
L'environnement
juridique international relègue au second plan le droit interne de
chaque Etat. En effet, les droits développés par les Etats
concernant les relations de commerce sont souvent limités aux
opérations ayant lieu dans le cadre de leurs frontières. Ainsi,
les législations nationales sont souvent inadaptées aux
échanges internationaux et présentent la difficulté
supplémentaire d'être parfois incompatibles entre elles.
Dès
lors, les Etats acceptent de plus en plus de perdre une part de leur
souveraineté dans le but d'harmoniser et de rendre compatibles les
différents systèmes juridiques, mais également de
simplifier les règles régissant les opérations de commerce
international. De la sorte, le droit commercial international crée un
cadre juridique nouveau auquel il convient de se référer dans
certaines situations économiques, comme par exemple dans le cadre
de contrats de vente ou d'accords de distribution.
De
manière synthétique, on peut regrouper les sources du droit
commercial international en trois catégories :
Les
conventions internationales

Au
travers des conventions internationales, les Etats se mettent d'accord
sur des règles communes à appliquer, notamment en matière
de commerce international. Les conventions internationales sont
bilatérales lorsqu'elles codifient dans un domaine précis
les relations entre deux Etats signataires. Elles sont multilatérales
quand elles sont ratifiées par plus de deux Etats.
1.
Les conventions bilatérales
But
= régler des conflits entre deux droits nationaux distincts
Les
conventions bilatérales ont une portée limitée et ne sont
pas, en général, créatrices de droits nouveaux puisque
leur but est de régir les incompatibilités entre les droits
internes des deux Etats signataires. Elles concernent principalement :
- la
fiscalité :
les conventions fiscales permettent d'éliminer les doubles
impositions;
- les
investissements :
les conventions sur les investissements permettent d'obtenir
l'égalité de traitement des investissements
réalisés par un Etat dans l'autre Etat signataire;
- l'établissement
des personnes :
les conventions d'établissement concernent la circulation et
l'établissement des ressortissants de l'un des Etats dans
l'autre.
2.
Les conventions multilatérales
But
= uniformiser le droit international - Créer de nouvelles règles
de droit
Les
conventions multilatérales peuvent être créatrices de
nouvelles règles de droit. Ainsi, elles participent largement au
mouvement d'unification et d'harmonisation du droit international.
Ce besoin de règles sûres et claires au niveau international a
été à l'origine de nombreuses tentatives pour
uniformiser le droit des contrats notamment. Les résultats restent
néanmoins très modestes, reflet de la difficulté
d'une telle harmonisation. L'apport le plus important réside
dans la Convention des Nations Unies sur le contrat de vente internationale de marchandises, signée à Vienne le 11 avril 1980
(encore appelée Convention de Vienne).
Il
existe également des traités internationaux dans certains
domaines comme le transport ou la vente internationale. Ainsi, on retrouve :
Rien
qu'à l'intitulé des traités, on remarque que
l'on est loin d'une unification générale du droit
pour les contrats internationaux. C'est petit à petit, domaine par
domaine, que les Etats se mettent d'accord sur des règles
uniformes.
Il
est important de noter également que cette unification à petits
pas du droit n'est vraiment efficace que dans la mesure où ces
traités sont ratifiés par un grand nombre d'Etats. Or,
cette ratification est souvent aléatoire, car elle crée de
nouvelles règles de droit auxquelles les Etats ne sont pas toujours
prêts à adhérer.
Le
droit communautaire

Le
droit communautaire réunissait en 2000 plus de 5000 règlements et
1200 directives applicables aux Etats membres de l'UE. Ces textes visent
à uniformiser les règles de droits appliquées par les
différents Etats membres.
Les
sources du droit communautaire sont au nombre de quatre. On y retrouve, de la plus
à la moins contraignante :
- Le
règlement :
Il
a une portée générale, c'est-à-dire
qu'il est applicable à tous les Etats membres. Il est de plus
obligatoire dans tous ses éléments. Exemple :
Règlement no 3510/80 de la Commission, du 23 décembre 1980,
relatif à la définition de la notion de produits originaires pour
l'application de préférences tarifaires accordées à
certains produits de pays en voie de développement.
- La
directive :
Elle dispose d'une force obligatoire quant au résultat à
atteindre tout en laissant aux pays membres la compétence quant à
la forme et aux moyens. Exemple : Directive 90/388/CEE de la Commission,
du 28 juin 1990, relative à la concurrence dans les marchés des
services de télécommunication.
- La
décision individuelle :
Elle est obligatoire en tous ses éléments pour les destinataires
qu'elle désigne (pas tous les pays de l'UE mais certains
uniquement). Exemple : Décision 78/360/CEE autorisant plusieurs
États membres à vendre du beurre à prix réduit sous
forme de beurre concentré.
- Les
recommandations et avis :
Ils n'ont pas de force contraignante mais un caractère de force
morale. Il s'agit d'instruments d'orientation des
comportements et des législations. Exemple : Recommandation de la
Commission du 3 avril 1996 concernant la définition des petites et
moyennes entreprises.
L'ensemble
des textes juridiques de nature communautaire sont publiés dans le
Journal Officiel des Communautés Européennes (JOCE), disponible sur le Web via le site des publications européennes.
Le
droit des praticiens

Dans
ce cadre, les règles relatives au commerce international sont
définies non pas par les Etats eux-mêmes, mais par les
opérateurs du commerce international. Elles ont pour
caractéristiques d'être rédigées par des
organes indépendants, d'être appliquées
spontanément par les opérateurs de commerce international et de
servir de référence lors d'arbitrages internationaux.
Soulignons néanmoins que ces contrats types ou règles ne sont
généralement applicables que si les contractants y font
explicitement référence.
La Chambre de Commerce Internationale
(CCI) s'appuie sur la pratique et l'expérience dans le domaine du
commerce international, et non sur la théorie, pour formuler des
préconisations qui sont largement reconnues dans des domaines importants
(Règles et Usances Uniformes relatives aux crédits
documentaires,
règlement d'arbitrage, incoterms,
...). La CCI, tout comme l'Organisation
des Nations Unies (ONU),
éditent également des contrats-type (notamment en matière
de contrat de distribution), destinés particulièrement aux plus
petites entreprises,
structures qui ont rarement les ressources nécessaires pour
s'adjoindre les conseils d'avocats spécialisés. Les
fédérations professionnelles, quant à elles,
établissent souvent des conditions générales pour les entreprises
du secteur qu'elles représentent.