L'environnement politique du pays d'accueil
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Dans beaucoup de pays, le paiement de " faveurs " de toute sorte est monnaie courante. Une quelconque facilité (matérielle ou pécuniaire) est attendue en échange de services fournis par l'administration, ou par d'autres entreprises. Ainsi, certaines entreprises qui opèrent internationalement de manière régulière sont habituées à payer des pots-de-vin en vue de gagner des contrats, ou des " pourboires " afin de faire remonter leur dossier vers le haut de la pile dans les administrations. Dans les années 90, la chambre de commerce britannique estimait que 14 % des exportateurs étaient confrontés à la corruption.

L'entreprise doit cependant être consciente que pratiquer la corruption peut être dangereux d'une part parce que certains pays la condamne fortement aux travers de mesures anti-corruption, d'autre part parce que la corruption peut avoir des implications directes sur la gestion de l'entreprise.

 

Les mesures anti-corruption

La plupart des pays industrialisés soumettent les firmes qui opèrent à l'étranger à des lois contre la corruption. La plus connue est le " Foreign Corrupt Practices Act " adoptée par les Etats-Unis en 1977. Cet acte ne menace pas seulement les firmes américaines tentées de corrompre ou d'être corrompues, mais aussi les sièges des entreprises multinationales implantées aux Etats-Unis. L'Union Européenne, par contre, n'a pas encore pris de mesure si radicale. La législation en ce domaine se limite à demander aux Etats membres de prendre des mesures contre la corruption de leurs fonctionnaires au travers de l'acte du Conseil du 27 septembre 1996 établissant un protocole à la convention relative à la protection des intérêts financiers des Communautés européennes. Par contre, peu est dit en matière de corruption des entreprises privées. Aucune décision à l'échelle européenne n'a donc été prise et il faut dans ce domaine se reporter aux législations nationales.

Beaucoup d'entreprises regrettent ces mesures, arguant qu'elles entament leur compétitivité au niveau international par rapport à des entreprises issues d'Etats moins scrupuleux sur la question de la corruption. L'idéal serait donc que les institutions ou organismes internationaux prennent une décision en ce domaine. Cependant, un consensus au niveau international paraît difficile à trouver et ce pour quatre raisons :


Les décisions prises par les organismes internationaux restent donc faibles. L'OCDE a adopté en 1997 un traité incriminant la corruption de fonctionnaires publics étrangers. Celui-ci se limite simplement à condamner la déductibilité au niveau de l'impôt de paiements impropres faits par des entreprises dans le but de corrompre. L'OMC et les Nations Unies, quant à elles, n'avaient pas encore édicté de règles précises en 2000.



L'entreprise et la corruption

Le manager international doit être très attentif à tracer une ligne distincte entre " la voie raisonnable " de faire du commerce international, et la corruption complète. Les pots-de-vin peuvent ouvrir la porte à une performance de mauvaise qualité et à la perte de normes morales parmi le personnel de l'entreprise. La corruption peut même mener à la propagation de pratiques commerciales contraires à l'éthique.

Une corruption non restrictive peut mener les forces de l'entreprise à se concentrer sur la meilleure manière de corrompre et non plus sur la meilleure manière de produire et de vendre le produit à l'étranger.

La discussion que nous venons de tenir à propos de la corruption peut être étendue aux règles morales et éthiques générales. De plus en plus, le public, travailleurs inclus, s'inquiète de thèmes tels que la protection de l'environnement et le comportement moral des firmes. Cependant, ces thèmes ne sont pas perçus de la même manière d'un pays à l'autre. Par exemple, la déforestation de l'Amazonie est acceptable pour le gouvernement brésilien, mais les scientifiques et les consommateurs la condamnent avec véhémence pour les conséquences que celle-ci pourrait avoir sur l'environnement à l'avenir. L'exportation du tabac est légale mais entraîne des accusations " d'exporter la mort " vers les pays développés. La Chine utilise des prisonniers comme force de travail pour la fabrication de produits destinés à l'exportation, mais beaucoup d'Etats condamnent cette pratique et refusent leur importation.

Dans ces circonstances, les firmes internationales doivent respecter une certaine éthique des affaires, et notamment celle du pays d'accueil. Tout ce qu'il est possible de faire légalement ne doit pas être exploité dans le but de faire du profit ! Les firmes en appliquant une attitude saine par rapport à ces problématiques investissent dans le long terme pour la reconnaissance du consommateur et sa non-incrimination pour comportement immoral.

Le site "International Transparency" (organisation internationale non gouvernementale vouée à la lutte contre la corruption) propose un classement de différents pays du monde (en 2001) en fonction d'un indice de perception de la corruption. Le site est également émaillé de nombreux textes et d'une "news  letter" (en français et anglais).

 

© Centre de Recherche PME et d'Entrepreneuriat – 2002